Et la pièce s’emplissait de parfum.
Avec elle, Alex aimait à plaisanter; tous deux affectaient de ne point se prendre au sérieux. Comme elle avouait du «toupet», il en eut; et, tout tranquillement, il la débarrassa de son ombrelle, pinça entre deux doigts l’épingle du chapeau: en un mot, il jouait à l’amant. Elle dit:
—Oh! le monstre!...
Elle lui frappa le poignet avec son «face-à-main». Il se frottait le poignet, comme si elle lui eût fait très mal; elle lui tendit la main:
—Allons! la paix!... fit-elle.
Et elle expliqua sa visite.
Elle n’avait point voulu faire directement à madame d’Oudart la commission dont elle était chargée par sa mère, encore en Bretagne, et elle venait prendre de lui conseil... «Prendre conseil de lui» amusa beaucoup Alex; mais madame Beaubrun ne riait pas.
—Le moyen de vous parler en particulier, dit-elle, dans un appartement où l’on ne reçoit plus que dans la chambre à coucher de madame votre mère?... Y en avait-il d’autre que de frapper tout de go à votre porte de jeune homme?
Ma foi, non, il n’y en avait point d’autre. Et la commission consistait à faire entendre, de la part de madame Chef-Boutonne, à madame Dieulafait d’Oudart, que le jeune Lepoiroux, leur protégé commun, était, à Poitiers, sinon affilié à la loge «l’Amicale de l’Ouest», du moins compromis avec les principaux FF.·. du chef-lieu, au milieu et sous le patronage desquels il avait fait récemment une conférence où le Discours sur l’Histoire universelle de Bossuet était tourné en ridicule et réduit à néant. Ces Lepoiroux, en vérité, manquaient d’un tact élémentaire! Une espèce de scandale en était résulté à Poitiers. Nul n’ignorait là-bas que «le fils Lepoiroux» avait été instruit et nourri par les Pères de la Compagnie de Jésus...
—A quoi pensez-vous? demanda madame Beaubrun, quand elle eut exposé son affaire.