On s’occupa à mettre de côté les meubles que l’on devait emporter, et l’on dut hâter le départ afin d’avoir le temps d’acheter à Paris même tout ce que Nouaillé ne pourrait fournir, et d’être prêts lors de la réouverture des cours, de telle sorte qu’enfin Alex n’eût plus qu’à travailler.
Que de visites chez Thurageau, le notaire, avare comme un vieux ladre de la fortune de sa cliente, et qu’il fallait contraindre, chaque fois, par des scènes, à adresser en Bourse un ordre de vente! Un jour, madame d’Oudart le trouva tellement agressif qu’elle songea à lui retirer ses papiers. Il éclata et osa la morigéner pour avoir commis l’imprudence d’assumer la responsabilité des études du jeune Hilaire Lepoiroux à Paris.
Madame d’Oudart, assise dans un fauteuil, et qui décidait avec une tendre ivresse le dépècement de sa fortune, fut tout à coup debout:
—Comment! dit-elle, le fils Lepoiroux va à Paris?
—Je m’étonne que vous l’ignoriez. Madame Lepoiroux s’est fait fort d’obtenir de vous, madame, sinon engagement, du moins promesse verbale, pour garantie d’un emprunt...
—Un emprunt!...
—... d’un emprunt que ladite dame Lepoiroux sollicite la faveur de contracter...
—Un emprunt... madame Lepoiroux!... garantie!... moi!...
—... de contracter, dis-je, afin de diriger les études de son fils, à Paris, jusqu’à l’agrégation.
Madame d’Oudart était suffoquée. Elle répéta: