Madame d’Oudart avait craint surtout que Nathalie Lepoiroux ne vînt s’installer à Paris, près d’elle: elle ne songeait presque plus à s’offusquer de ce qu’Hilaire—mais du moins Hilaire seul—lui fût imposé. Au prix d’un plus grand mal, se charger de l’avenir d’Hilaire à Paris paraissait presque acceptable.

Avait-elle donc accepté cette charge? Assurément non. Mais madame Lepoiroux excellait dans l’art de s’établir en des situations mal définies d’où l’on tire parfois plus que d’un contrat en règle. Elle savait aussi rendre grâce avant seulement d’avoir prié.

—Merci! merci! criait-elle encore en s’éloignant sous la châtaigneraie.

«De quoi donc?» se demandait madame Dieulafait d’Oudart.

X

La maman et son fils devaient partir pour Paris à midi. Le camion du chemin de fer vint avec cinquante minutes de retard, et fit bien, car les valises n’étaient pas bouclées, et des caisses, à clouer, bâillaient encore. Il fallut un temps ridicule pour hisser les bagages sur la voiture et les bâcher. Personne ne déjeuna, sauf Alex, qui n’était pas ému.

M. Lhommeau s’était cru plus de philosophie qu’il n’en avait: il se lamentait à haute voix, se mouchait, s’épongeait le front, trottinait, s’employait à hâter le départ, et eût béni toute circonstance propre à le retarder. Une vieille bonne, nommée la mère Agathe, prophétisait depuis la veille que «c’était la fin de tout, la fin de tout!...» La femme de chambre, qu’on emmenait à Paris, affolée par la perspective du voyage, par les gémissements, par le désordre de la maison, par la paille répandue dans les corridors, n’était d’aucun secours; Jeannot se montrait plus «imbécile» que jamais.

Enfin le lourd camion écrasa le gravier et s’éloigna au pas, sous la châtaigneraie dorée. Jeannot rappela le conducteur pour lui demander, une vingtième fois, l’heure précise du train de Paris:

—Et alors, il suffit que madame et monsieur soient à la gare à onze heures quarante-cinq?

L’employé du chemin de fer lui cria: