—Mais, mais! dit-elle, essayant de se ressaisir, car elle croyait rêver, mais! comptons un peu! Il s’agit pour Alex des épreuves de seconde année, de seconde, vous entendez bien?...
—J’entends bien, madame d’Oudart; mais mon garçon connaît les matières de seconde année, n’ayez crainte!... Il a les livres; voilà quinze jours qu’il est dessus; il boit ça comme du lait.
—Nous verrons, nous verrons. Mon fils travaille seul, pour le moment: il n’a besoin de personne.
—C’était pour vous obliger, ma chère dame... Mais il n’en sera fait qu’à votre idée, comme de juste... Si, des fois, à la réflexion, ma proposition avait plus de grâce..., un mot à la poste, et en avant, marche! le répétiteur... Il donne déjà les leçons de latin et de grec aux deux petits garçons de madame Mafremoy, la femme du censeur des études au lycée...
En Poitou, madame d’Oudart eût peut-être oublié les succès de Paul Chef-Boutonne. Mais Poitiers, maintenant, savait le remarquable succès d’Hilaire Lepoiroux:
—N’est-il pas, se demandait-on, le compagnon d’études du jeune Dieulafait d’Oudart?...
—Oh! oh!... le jeune Dieulafait d’Oudart!...
C’est que madame Lepoiroux haussait encore de quelques degrés son fils, en le confrontant au jeune Dieulafait d’Oudart. Et «ces messieurs» aussi, qui poussaient à Poitiers le fils de la veuve infortunée, le poussaient «contre» le fils de l’autre veuve, à qui la fortune trop propice avait permis non seulement d’élever son fils dans les douceurs, mais d’élever même, et en outre, le jeune Lepoiroux.
XXXII
A propos de la fortune de madame Dieulafait d’Oudart, précisément, Thurageau vint à Nouaillé à plusieurs reprises; et de ces conciliabules la mère d’Alex sortait atterrée. Un désaccord existait entre elle et son vieux notaire: celui-ci voulait qu’Alex fût instruit de la situation, exactement; elle prétendait qu’apprendre à son fils qu’il était moins riche qu’il ne l’imaginait serait le démoraliser, alors qu’il eût fallu lui fouetter l’amour-propre, au contraire.