On savait qu'elle désirait être servie par mademoiselle Jeanne; on la laissa s'asseoir en attendant que mademoiselle Jeanne fût libre. Mademoiselle Jeanne vint à elle, aussitôt libre, et atteignit le carton contenant les gants «comme d'habitude, madame?»
Comme d'habitude, madame Varennes se laissa ganter. Elle ne s'informa point de la santé de mademoiselle Jeanne qui, cependant, cette fois, semblait laisser à désirer.
Les deux femmes ne disaient rien. Peut-être écoutaient-elles leurs cœurs battre...
Au moment où mademoiselle Jeanne, triste et pâle, allait envelopper les gants, madame Varennes, la regardant, eut une inquiétude soudaine:
—Vous n'avez pas de mauvaises nouvelles, au moins?
—Hélas! madame, dit mademoiselle Jeanne, je n'en ai pas!
—Mais si! Mais si! J'en ai, moi, fit la mère; j'en ai régulièrement. Elles sont bonnes, très bonnes...
Les joues de la jolie vendeuse se colorèrent un peu:
—De vous voir, dit-elle, ça m'avait déjà remise et surtout de vous voir prendre comme à l'ordinaire des gants chamois... Oui, oh! dès l'instant que les choses ne vont pas bien pour nous, nous voyons tout en noir, n'est-ce pas?
—Pauvre petite! Tranquillisez-vous...