«—Oh! mais alors, c'est toute une partie de la vie qui échappe à la communauté. Voilà qui m'explique bien des petites choses...

»—Que voulez-vous dire? J'avoue que je ne vous comprends absolument pas...

»—Je veux dire que si le mari joue, et la femme non, si le mari est assidu aux épreuves sportives et si la femme n'y va seulement pas montrer ses toilettes, c'est tout un large terrain, de la dimension du champ de courses, si vous voulez, qui s'étend entre l'homme et la femme, et d'un bord à l'autre, dès lors, à peine s'aperçoivent-ils. Comment feraient-ils pour s'entendre?...»

»J'étais vexée.

«—Mais, je vous assure, chère madame, que mon mari et moi nous nous sommes toujours très bien entendus...»

»N'empêche que j'apprenais, sans avoir l'air d'y prendre garde, que mon mari était assidu aux courses. Il ne m'en avait jamais parlé. Mon excellente amie se confond en excuses: elle n'a, certes, voulu insinuer quoi que ce soit... Il y a à toute règle des exceptions... etc. Et puis, elle soupire:

«—Ah! vous êtes au nombre des privilégiées, si vous vous entendez toujours avec votre mari! Qui d'entre nous en pourrait dire autant?»

«Et elle glisse à la confidence. Elle me cite un ou deux traits à elle personnels, assez insignifiants, d'ailleurs; elle m'en cite qui intéressent des connaissances communes...

—Elle ne t'a pas parlé de moi, au moins?

—Ma chère Mathilde, je te jure que tu deviens stupide. Laisse-moi parler: tu ne mérites pas que je tienne compte de tes interruptions. Je continue: finalement, la délicieuse femme ajoute: