— Oui ! fit-elle. Ah ! Henri ! pendant que j’y pense… et papa, lui ?
Je souris et lui dis :
— Oh !… « pendant que j’y pense ? » Vous y auriez aussi bien pensé plus tard !…
Mais elle n’avait point envie de rire ; elle insista :
— Dites !…
« Et papa, lui ?… » n’était pas une question très claire, mais j’entendais Bernerette à demi-mot. Sans même un mot je lui fis comprendre que « papa, lui, » n’avait pas paru savoir si sa fille avait ou non des sentiments.
Elle eut l’air de me dire : « Mais qu’avez-vous donc fait à la chasse ? »
Cette battue d’hier n’avait-elle pas été combinée par Bernerette ? En effet, on ne m’avait point du tout connu jusqu’ici comme chasseur : que signifiait cette marche forcée ? Bernerette avait pensé qu’au hasard de la promenade dans les guérets ou les sentiers, je saisirais l’occasion de m’employer pour elle, de provoquer, par exemple, chez M. de Chanclos, une question comme celle-ci : « Et votre ami Gérard, est-il chasseur ? » A quoi je pouvais répondre ce que me suggérerait mon désir d’être agréable à Bernerette. Bernerette entendait m’employer sans cesse, et m’employer à tout ce qui pouvait la sauver.
— Et vous, Bernerette, est-ce que vous avez parlé à votre mère ?
— Non.