— Je ne veux pas la garder, dit Isabelle. Claude tient absolument à trancher net avec ce qui a été, comme il dit, son passé de garçon : nous avons engagé un valet de chambre.
— Peste !
— C’est peut-être une folie, d’autant plus que Claude, pour le moment, il faut vous dire cela, est à couteaux tirés avec sa famille. Mais c’était une de ses idées. Nous habitons rue de Moscou, à partir du 15 avril.
Je bredouillai quelques compliments et tentai de parler d’autre chose : et comment allait-il, Claude ?… N’aurais-je pas la chance de le voir rentrer ?
— Il est sorti pour affaires… Il s’en donne du mal, le pauvre garçon !… Vous pensez que ça ne va pas tout seul, quand on a les parents contre soi !… Enfin, c’est bien lui qui l’aura voulu ; moi, je n’ai pas cessé de lui dire : « Je ne suis pas la femme qu’il te faut… » Qu’est-ce que vous voulez ? c’était son idée.
— Comme pour le valet de chambre !
— Dites-donc, vous !…
Elle allait prendre mal la chose ; je dus lui affirmer que je n’entendais faire aucune assimilation malséante. Elle dit :
— Oui, oui, mais vous riez, je le vois bien ; vous êtes comme les autres ! Ah ! ce n’est pourtant pas faute de l’avoir averti de cela comme du reste : « Tous tes amis se ficheront de toi, tous… »
— Mais je vous jure…