Enfin, depuis qu'il venait plusieurs fois par jour, elle poussait la porte devant lui sans même souffler mot. On lui en fit l'observation; elle dit:

—Est-il pas de la maison, à c't'heure?

Cette brave femme employa d'ailleurs tous ses moyens pour remédier au désordre.

Elle avait élevé un chien en cachette, afin d'en faire cadeau à madame, dans l'espoir de lui fournir une compagnie saine. Un matin, on entendit l'animal qui gémissait dans la cour. Petite-maman sonna la mère Fouillette et lui commanda d'aller voir de qui étaient ces cris. La mère Fouillette revint tenant dans ses bras un bout de chien pas joli, mais assez drôle. Il manquait de race; c'était un chien du peuple; il était fait de pièces et de morceaux, avait le poil inclassable, une queue hybride et la tête la plus baroque. On ne pouvait le regarder sans rire. La mère Fouillette dit:

—Quand on pense, madame, que ce qui criait dans la cour, c'était un joli petit chien!… Par où est-ce qu'il aura pu entrer?

—Ah! pour joli, il est joli, en effet, votre chien.

—Il est si intelligent!

—Vous le connaissez donc?

Elle jura, trop fort, qu'elle ne l'avait jamais tant vu. Elle essaya, en barbotant, d'expliquer son entrée dans la maison. Et en même temps elle s'apitoyait sur le sort du pauvre petit.

—Je suis sûre, dit-elle, qu'il est mort de faim.