—C'est papa.

—C'est papa, quoi? c'est papa…

La petite bonne revenait:

—Mame Robert, c'est monsieur Nadaud.

—Il vient chercher le petit?… Eh bien! qu'est-ce que vous faites là, plantée comme un échalas?

—Mais non, madame, monsieur Nadaud a dit comme ça qu'il venait pour voir madame Colivaut…

—Eh bien! qu'est-ce que je vous avais recommandé?…

—Je sais bien, madame; mais comme le petit jeune homme était là, je me suis dit: des fois qu'il rapporterait à son papa…

Madame Robert n'ajouta rien. Elle tenait la chemise mouillée par les deux épaulettes; la chemise de madame Colivaut s'égouttait par son milieu. Madame Robert la plaqua sur la figure de la petite bonne, me saisit d'une main gluante et m'entraîna vers la porte, où mon père attendait. Malgré la vivacité de notre course, je ne pus tenir contre la curiosité de revoir la petite bonne sous son linge humide, et je me retournai. La petite bonne pagayait sous la chemise de madame Colivaut pour se décoller de la figure et surtout des cheveux le lourd linge ruisselant. Je n'eus pas le loisir de sourire. Ce n'était pas un voyage d'agrément que me faisait faire madame Robert, au pas de course, et je redoutais aussi qu'elle ne dénonçât à mon père mes mésaventures ou qu'elle ne l'injuriât lui-même en lui jetant à la face les choses qu'elle avait bougonnées près de la couche à melons.

Mais, en présence de mon père, elle fut parfaite; sa physionomie servile se radoucit, et elle dit simplement: