Il y eut des chuchotements, des trémoussements; quelques-unes de ces dames se levèrent; on entendit des «Ma chère amie!...» «Mais ma bonne amie, on ne vous demande pas cela!...»
—Mesdames, reprit Mlle Cloque, je remets ma démission entre vos mains. Mes prières, soyez-en assurées, se joindront aux vôtres afin d'obtenir du ciel qu'il vous guide sagement dans le choix d'une nouvelle présidente. Mes vœux ne cesseront point d'appartenir à l'Œuvre sainte, à laquelle j'ai consacré presque le tiers de ma vie...
Après le premier mouvement de protestation contre la décision de Mlle Cloque, on s'était rassis, on avait repris son ouvrage et on laissait parler la vieille fille.
—Mais avant de me séparer de vous, continua-t-elle; je tiens à vous avertir que le dommage que j'ai pu vous causer par ma faute, s'il est encore réparable, sera réparé, dussé-je y épuiser le restant de mes malheureuses ressources...
Il y eut çà et là de petits sourires d'incrédulité. On entendait de droite et de gauche:
—Des mots!... des mots!...
—Oui, le mot de la fin!...
Mlle Cloque fit un violent effort sur elle-même; elle dit:
—Aucune répugnance ne m'arrêtera pour éviter que le nom de votre œuvre soit traîné dans la boue. En sortant d'ici, j'irai trouver M. Niort-Caen...
On haussa les épaules. On savait qu'elle avait brisé l'avenir de sa nièce pour ne pas la laisser approcher de cette famille; et elle parlait d'aller trouver le juif Niort-Caen, le destructeur de la basilique rêvée, et de l'aller trouver dans l'attitude d'une suppliante!