27 février.

Oh ! que tu as eu tort de me donner aujourd’hui tes lèvres, ma chérie ! Ce sont là des choses dont il ne faut pas raviver le souvenir ; je vais les perdre : je ne baiserai plus ta bouche, ma chérie, ma chérie !…

Je n’ai pas besoin de faire beaucoup de bruit ; je ne tiens pas à ce que l’univers m’entende crier ; que mon chagrin soit emmuré, et muet.

1er mars.

Je ne peux pas, je ne peux pas étouffer avec fierté ma douleur.

Je pense à la chair de tes joues, aux environs de tes yeux, aux coins de tes lèvres qui font la moue, à la lumière de tes dents quand tu parles… Et puis tout à coup, voilà tes yeux eux-mêmes, et tes lèvres !… Oh ! oh ! que quelqu’un ait pitié de moi !…

5 mars.

Je pense à toi au passé, et je te vois presque tous les jours !… Je règle, sous les yeux du moribond, le détail des obsèques. Et toi, tu ne t’aperçois pas de ce qui meurt. Je t’ai dit tantôt :

— Mais, ma pauvre chérie, tu ne m’aimes plus !…

Et tu as eu l’air très étonnée.