Je gage qu’à l’heure qu’il est elle a déjà dit à sa mère :
— Le malheureux venait implorer ton pardon !
Quant à elle, elle n’a jamais eu de rancune contre lui : sa pensée intime a été qu’il avait fui parce qu’elle n’avait pas su le retenir. Quand le scélérat l’abandonnait, c’est elle-même qu’elle jugeait fautive : quelle peut bien être son attitude devant lui, aujourd’hui qu’elle a un amant ?
....... .......... ...
Elle n’est pas venue.
15 mars.
Je lui ai dit aujourd’hui la date de mon départ. Elle s’est mise à pleurer, mais doucement, sans éclats, sans surprise, comme à un événement inévitable. J’ai ajouté :
— Mais mon voyage ne sera pas long : je vais à Grasse pour un travail sur Fragonard…
Ses yeux humides m’ont regardé, et ils disaient :
« Nous savons bien qu’il n’y aura pas de retour… »