Parfois cependant une seconde période pluvieuse se produit deux mois après la fin des orages réguliers. Les crues qui peuvent survenir ainsi à la fin d’octobre sont en général redoutées ; elles détruisent la végétation herbacée qui s’était établie dans les oueds et restreignent singulièrement les pâturages.
Les observations thermométriques sont encore peu nombreuses ; cependant, pendant la saison des pluies, les maxima sont relativement peu élevés ; pendant la première quinzaine de juin 1905, dans le tanezrouft d’In Zize, la température dépassait tous les jours 45° et approchait parfois de 50° ; dans la seconde quinzaine de juin et de juillet, dans l’Adr’ar’, le thermomètre a rarement indiqué plus de 40° ; dix-huit fois sur trente-quatre, c’est-à-dire dans la majorité des cas, le maximum est resté inférieur à ce chiffre ; le 9 juillet, il a été de 31° ; la plus haute température observée (44°) a été notée une seule fois. A cinq heures du matin les lectures sont en général voisines de 25°.
Il est probable que, si l’on pouvait la construire, la courbe aurait une allure voisine de celle de Tombouctou ; mais on ne sait rien sur les températures de l’hiver dans l’Adr’ar’ ; il est vraisemblable que dans les mois de décembre, janvier et février, le thermomètre descend parfois au voisinage de 5° ou 6°, mais ce n’est là qu’une impression.
Dans l’Adr’ar’, comme dans toute la zone sahélienne, l’air est en général sec ; même pendant la saison des pluies, l’écart entre les deux thermomètres, sec et humide, atteint facilement 15° dans l’après-midi ; le matin cependant l’humidité est parfois sensible ; l’écart entre les deux thermomètres est souvent faible, 4° ou 5° ; il tombe rarement à 2°.
Le climat de l’Aïr est très comparable à celui de l’Adr’ar’ ; il présente aussi une saison de pluies régulières, mais plus tardive ; le Teloua, qui passe à Agadez, coule habituellement, d’après les renseignements qu’a bien voulu me donner Lefebvre, six à sept fois par an ; les années sèches, il ne présente que deux ou trois crues ; en 1905, qui a été une année particulièrement pluvieuse, il a coulé 19 fois. Du 17 septembre 1905, date d’arrivée à l’oued Tidek, jusqu’au 5 novembre, départ d’Agadez, j’ai noté neuf fois de la pluie.
Foureau pendant son séjour dans l’Aïr (mars-juillet 1899) a noté trente-trois jours de pluie ; pour la plupart des jours, il s’agit seulement de quelques gouttes d’eau et la Mission Saharienne n’a reçu que quatre averses sérieuses.
Les températures paraissent les mêmes que dans l’Adr’ar’ ; du 17 septembre au 5 novembre 1906, j’ai noté deux fois 40°, le 27 septembre dans l’oued Kadamellet et le 26 octobre à Alar’sess ; une seule fois 43°, le 14 octobre, près d’Iférouane. Les températures de 38° ou 39° ont été fréquentes. En septembre, les minima ont toujours été supérieurs à 20° ; en octobre, ils sont descendus quelquefois à 19°. Le 6 novembre, j’ai observé 13° à quelques kilomètres à l’ouest d’Agadez. Dans l’Aïr comme partout, un temps couvert s’oppose au rayonnement : le 7 octobre à Iférouane, après une nuit couverte qui avait amené la pluie sur le Timgué, il y avait 36° à six heures du matin ; 39° à deux heures et 36° à six heures du soir.
L’état hygrométrique a été le même que dans l’Adr’ar’.
La région de Tombouctou, le Télemsi, le Tégama, le bassin du Tchad qui appartiennent eux aussi à la zone sahélienne, ne se distinguent guère, au point de vue climatérique, de l’Adr’ar’ ou de l’Aïr. Du 27 juillet ou 22 août 1905, de Tabankort à Tombouctou, Gautier a noté dix tornades dont deux d’une extrême violence ; à Bourem, d’après le lieutenant Barbeyrac, il tombe en moyenne 8 à 9 tornades par an ; il est très remarquable que ces tornades soient amenées par vent du nord-est ; l’humidité ne peut cependant provenir que de l’Atlantique. Pendant les reconnaissances qu’il a exécutées à l’intérieur de la partie nord du Tchad (juin-août 1905), le capitaine Freydenberg a observé dix tornades suivies de pluie, cinq venant du nord-est et cinq du sud-ouest. Un peu plus au sud, à Massakory, le lieutenant Deschamps a compté, du 19 mai au 26 septembre 1905, 269 heures de pluies. Du 1er mai au 12 août 1906, en allant de Zinder à Tombouctou, j’ai suivi jusqu’à Niamey la limite méridionale de la zone sahélienne ; j’ai reçu, pendant ce voyage, 28 averses ; à partir du 15 mai surtout, presque chaque jour on voyait une ou deux tornades à l’horizon. L’année 1906 a cependant été plutôt sèche, du moins au début de l’hivernage ; au moment de mon passage dans la région de Tahoua, pendant la première quinzaine de juin, on n’avait pas encore pu, faute de pluie, semer le mil ; les indigènes commençaient à être inquiets.
Il pleut d’ailleurs accidentellement, dans tout le Soudan, en dehors de la saison d’hivernage : en février 1906, on a recueilli à Tombouctou 2 mm. 3 d’eau ; Foureau, en janvier 1900, a noté trois ondées au Tchad.