Le lendemain l’atmosphère était claire.

Le 8 août, à Tit, dans l’Ahaggar, la journée avait été belle ; depuis le lever du soleil jusqu’à midi, un peu de vent d’est avait atteint sa plus grande intensité vers neuf heures (petite brise). De midi à trois heures, le vent était venu du sud, pour repasser à l’est dans la soirée ; il était resté plus faible que le matin.

Fig. 55. — Un coup de brume, le 25 juillet 1905, dans la vallée de l’oued en Néfis.

A une demi-journée au sud de Timissao. Les falaises de grès dévonien qui limitent la vallée ont 40 mètres de hauteur.

Après le coucher du soleil, le vent s’établissait à nouveau au sud et devenait frais, 6 de l’échelle de Beaufort ; un nuage sombre, et très bas sur l’horizon, apparaissait au sud. Vers sept heures et demie, on en pouvait distinguer le détail ([fig. 56]) : la partie supérieure, vivement éclairée par la lune à son premier quartier, était blanche ; la partie inférieure était noire, et lançait vers le haut de nombreux tourbillons d’argile : quelques-uns, comme les trombes de sable, étaient simples et souvent épanouis en champignon à leur sommet, quelques autres étaient, ou paraissaient, bifurqués et parfois ramifiés. A neuf heures un quart le nuage atteignait le piton de Tit, le Tinési, et présentait la même apparence ([fig. 57]). Cinq minutes après, il couvrait le camp situé à un peu plus de 2 kilomètres au nord du piton. Pendant un quart d’heure, l’obscurité a été complète ; la lune avait complètement disparu ; vers dix heures et demie ou onze heures, le vent tombe et le ciel redevient visible ; le lendemain, il y avait une brume légère, suffisante cependant pour masquer l’Ilamane situé à une trentaine de kilomètres de Tit. Il n’a pas plu la nuit.

Fig. 56. — Un coup de brume le 8 août 1905 à Tit (Ahaggar).

Aspect vers 7 h. 1/2. — Le piton de Tit a 60 mètres de haut.

Ces brumes paraissent avoir une influence marquée sur la variation diurne des températures ; quand le temps est clair, la température s’élève rapidement jusque vers neuf heures, croît ensuite plus lentement jusqu’à son maximum vers deux heures et demie, et décroît lentement jusqu’au lendemain matin. Le 30 juillet, dans le tanezrouft de Silet, une brume épaisse, qui s’était formée la veille au soir, nous a obligé à marcher à la boussole ; les températures observées ont été les suivantes : six heures, 32° ; sept heures et demie, 34°,5 ; huit heures, 35° ; neuf heures, 37° ; dix heures, 38° ; onze heures, 41° ; midi, 43° ; une heure, 42°, 5 ; deux heures, 42° ; trois heures et demie, 42° ; cinq heures, 41°,5 ; six heures, 40°. Le maximum a eu lieu à midi et la température a à peine varié jusqu’au soir ; le vent assez faible s’est tenu toute la matinée au sud ; il est tombé dans l’après-midi. Ces observations de température ont été faites pendant la marche, mais dans une plaine très plate. Le déplacement du maximum semble d’ailleurs confirmé par quelques autres observations moins détaillées.