Fig. 59. — Fragment de topographie de l’Alakhos.
Il y a 12 kilomètres de Guidjamon à Ganadja ; le puits de Ganadja a 40 mètres ; les plateaux gréseux atteignent une centaine de mètres de hauteur.
Un peu plus au sud, le Mounio, situé lui aussi sur les confins de deux zones, présente quelques caractères spéciaux. Auprès de Gabana, par exemple ([fig. 61]), le fond de la cuvette (A) est occupé par des dattiers et des doums ; les sommets rocheux (C) portent quelques aderas et surtout des euphorbes ; pendant la saison sèche, ces arbustes sont dépourvus de feuilles : l’aspect est celui que présentent en hiver les maigres taillis des coteaux de la Mayenne ou de la coupure de la Meuse ; les pentes ensablées (B) présentent, en janvier, l’aspect d’un champ de chaume, où seraient plantés quelques arbres (Balanites, Bauhinia, Salvadora, Tamarindus, Ziziphus, Calotropis, Acacia) ; ils rappellent assez bien, après les moissons, certains champs de blé des collines du Perche avec leurs pommiers à cidre. Dans la partie méridionale du Mounio, les essences sont encore plus variées.
Fig. 60. — Profil de Guidjamon à Ganadja.
a, au contact des dunes et des plateaux gréseux, Balanites ægyptiaca. Culture médiocre de coton. b, Culture de petit mil. Arbres à feuilles larges (Bauhinia reticulata, etc.) ; d, Graminées. L’arbuste dominant est le Sabera ; d′, Graminées seulement, à cause de la proximité du village ; e, Sol du Tegama, Balsamodendron africanum (Aderas).
Les plateaux gréseux que Chevalier a décrits dans la région de Goundam et du Faguibine paraissent se rapprocher beaucoup du Mounio ; l’Euphorbia balsaminifera y est abondant, et y atteint parfois une grande taille. Il est accompagné de Balsamodendron africana, haut parfois de 10 mètres, son compagnon habituel dans la région de Gouré.
Bien que, par sa latitude, il appartienne au désert, l’Aïr, que Barth, avec un peu d’exagération, a qualifié d’Alpes sahariennes, doit être rattaché à la zone sahélienne. C’est en effet à partir de l’oued Tyout que les pluies tropicales se font sentir tous les ans ; les pâturages y sont souvent fort beaux. Plus au nord, les tornades deviennent accidentelles et se produisent, comme partout au Sahara, à des saisons quelconques et à des périodes toujours éloignées les unes des autres. Au nord des derniers contreforts de l’Aïr, Tar’azit et Zélim, il avait plu, dans le Tiniri, peu de temps après le passage de Foureau (février 1899) ; quand j’ai traversé cette région avec Dinaux (septembre 1905), le développement des plantes annuelles, de l’acheb, prouvait quelques averses récentes ; d’après les renseignements indigènes, il n’avait pas plu dans l’intervalle des deux passages. Les averses de 1905 avaient d’ailleurs été très localisées, et à son retour par la route directe d’Aguellal à In Azaoua, Dinaux a dû faire à partir de l’oued R’arous (40 kilomètres au nord-ouest d’Iférouane) 250 kilomètres sans trouver de pâturages : ce ne fut guère qu’en arrivant à l’Ahaggar que les méharis purent brouter à leur aise.
Fig. 61. — Stations botaniques du Mounio. Du campement de Gabana, 17 janvier 1906.