A, Fond de cuvette. Dattiers et Doums. — B, Mamelons ensablés. Le sol est couvert de graminées desséchées, donnant l’aspect d’un champ de chaume. Balanites ægyptiaca est l’arbre dominant ; il est accompagné de Bauhinia reticulata, Salvadora persica, Calotropis procera, Euphorbia balsaminifera. Acacia et jujubier. — C, Mamelon rocheux à pente raide. Euphorbia balsaminifera et Balsamodendron africanum y forment un taillis clairsemé haut de 2 à 3 mètres ; en janvier toutes les feuilles sont tombées. Aspect d’hiver de quelques coteaux arides de la Mayenne ou de l’Ardenne. Le sommet de C est à 150 mètres au-dessus du fond de la cuvette A.
Dans l’oued Tidek, couvert, d’après la carte du service géographique de l’armée, d’une végétation tropicale, apparaissent en effet de grands arbres : l’Acacia arabica Willd est surtout commun ; il porte souvent un beau parasite à fleurs rouges (Loranthus Chevalieri ?) commun d’ailleurs dans toute la zone sahélienne, où on le trouve, au moins accidentellement, sur presque tous les arbres[110].
Cette riche végétation ne quitte jamais les vallées : la section schématique du kori Teloua ([fig. 63]) à Salem-Salem (35 kilomètres au nord-est d’Agadez) montre d’abord le long de la berge de l’oued (en 1) quelques mousses et hépatiques, notamment des Riccia ; en 2, il y a surtout des graminées, des aristoloches, des Ipomæa et quelques Calotropis ; cette zone ne dépasse pas une largeur d’une dizaine de mètres. Puis vient, s’étendant sur une largeur qui atteint parfois 100 mètres, une véritable forêt où les grands arbres sont des doums et des Acacia arabica entre lesquels croissent des formes plus humbles (Boscia senegalensis, Salvadora persica, Balanites Ægyptiaca et des jujubiers ; des lianes herbacées (Cucurbitacées, Asclépiadées) grimpant jusqu’au faîte des palmiers, permettent de rapprocher ce rideau d’arbres des galeries forestières de la zone guinéenne.
Fig. 62. — Aïr. Extrémité nord de l’Adesnou, vue de l’oued Tidek.
Acacia arabica (10 m.). Ce sont les premiers arbres que l’on voit, en venant du Nord.
Au delà des alluvions humides, commencent les roches cristallines où le sol, le plus souvent dénudé, ne porte plus que quelques touffes de graminées et de loin en loin un talah (A. tortilis). Les parois abruptes des rochers qui s’élèvent parfois à 5 ou 600 mètres de haut sont presque toujours à découvert : dans les fentes de la roche, il pousse cependant quelques graminées et plus rarement une asclépiadée à port de cactus (Boucerozia tombuctuensis A. Chev. ?). La belle végétation de l’Aïr est étroitement liée à l’humidité de ses koris.
Le Teloua est une des rivières les plus vivantes de l’Aïr ; à Salem-Salem, il a déjà reçu plusieurs affluents importants, aussi son lit est-il bien marqué. Dans un grand nombre d’autres koris, le lit est à peine creusé ; il n’y a qu’une plaine d’alluvions presque horizontale ; les zones sont alors moins nettes et les arbres, moins nombreux, sont plus disséminés ; la vallée est couverte de graminées avec quelques acacias de loin en loin. Ce n’est plus l’étroite galerie forestière, mais la savane.
Placé, comme l’Aïr, aux confins du désert et devant aussi à son altitude des pluies régulières, l’Adr’ar’ des Ifor’as, ne présente lui aussi de belles végétations que dans ses vallées.