Baobàb[128]. — Ce genre comprend plusieurs espèces dont la mieux connue est l’Adansonia digitata B. Juss. Il est commun dans presque toute l’Afrique chaude. Il manque cependant dans les régions élevées (Fouta-Djalon, Ouganda, Abyssinie, etc.) et dans la forêt équatoriale ; il fait également défaut à l’est du Chari et ne reparaît que dans le Soudan égyptien. Il n’est vraiment abondant d’ailleurs qu’au voisinage du littoral où il forme souvent des peuplements très importants, comme autour de Thiès. Dans le bassin du Niger, on ne le trouve qu’auprès des villages et il est bien probable qu’il a été planté : les noirs font un large usage alimentaire de ses feuilles. Il existe peu dans la zone sahélienne : la ligne d’étapes de Zinder à Gouré suit à peu près la limite de son extension ; commun dans les villages situés au sud de cette ligne, il manque dans ceux qui sont au nord. Quelques pieds mal venus cependant existent à Tombouctou. Récemment, le long du littoral de Mauritanie, à 6 ou 7 kilomètres de la côte, j’en ai compté au nord de Saint-Louis, sur un parcours de 250 kilomètres, une dizaine, dont le dernier à trois heures de marche au sud de Nouakchott. Ces baobabs n’ont que quelques mètres de haut et sont en dehors de leur habitat normal.

Le baobab est un des arbres les plus caractéristiques de la savane ; le volume de son tronc est extrêmement considérable relativement à l’ensemble des feuilles et lui permet d’emmagasiner des réserves d’eau importantes. Cette disproportion entre le bois et l’appareil foliaire est fréquente dans toutes les savanes du monde, mais elle est loin d’être la règle absolue et nombre d’arbres y ont assez exactement le port et l’aspect des essences européennes.

Balsamodendron africanum. — L’aderas (ar. et tam.) (Commiphora africana Engl. = Balsamodendron africanum Arn.) joue un grand rôle dans les parties les plus arides de la zone sahélienne ; son nom haoussa, daz’i ou dachi, désigne non seulement la plante, mais aussi la brousse où elle domine ; c’est un arbuste dont les feuilles rappellent celles de l’aubépine ; le fruit ressemble à une petite prunelle à noyau rouge.

Il s’en écoule une gomme résine, le « bdellium[129] », le mounas des Maures, que l’on fait brûler en guise d’encens et qui, chez les Haoussas tout au moins, remplace dans la correspondance la cire à cacheter.

Le genre Commiphora renferme une soixantaine d’espèces des régions sèches de l’Inde, de Madagascar, de l’Arabie et de l’Afrique tropicale et australe.

Jujubiers. — Les jujubiers (Zizyphus), [sedra (arabe), magaria, (haoussa), tabekat (tamahek)] font défaut dans le Sahara proprement dit ; ils ont de vraies feuilles, à faces dissemblables et ne sont pas adaptés à la sécheresse ; on ne les trouve que dans les parties élevées du massif central (Ahaggar, Ifetessen, etc.). Ils sont communs dans la zone sahélienne, dès le nord de l’Adr’a’r et de l’Aïr. Ils appartiennent à plusieurs espèces, les unes de petite taille et formant des buissons (Z. lotus Desf., Z. saharæ Batt., etc.), les autres plus élevées et vraiment arborescentes (Z. orthacantha D. C., etc.). Leurs fruits sont recueillis par les nomades et parfois vendus sur les marchés.

Le bois des grands Magaria est assez recherché ; il passe pour inattaquable par les termites.

Balanites Ægyptiaca. — Le Balanites Ægyptiaca Del., [teborak (tamahek), soump (wolof), adoua (haoussa)] se rencontre dans la Sierra Leone et le Sénégal ; dans le bassin du Chari, il apparaît à Gosso (9°,30). Il est commun dans toute la zone sahélienne et s’avance assez loin dans le Sahara : sur la route de N’Guigmi à Bilma, il s’arrête au sud de Beduaram ; Foureau le signale par 27° Lat. N. (tassili des Azdjer) ; on le connaît en quelques points isolés du Tidikelt et il devient fréquent au sud du 23°. Dans l’Ahaggar, il ne paraît pas dépasser l’altitude 1000 mètres.

Son fruit, de la grosseur d’une datte, est comestible ; il arrive à maturité en novembre, dans le Tegama.

Les légumineuses. — L’Acacia arabica Willd. = A. Adansoni Guill. et Per. [tamat, pluriel timiouin (tamahek), bagarua (haoussa)] est un bel arbre qui, en Afrique, paraît spécial à la zone sahélienne : il est commun dans l’Adr’ar’ des Ifor’as ; dans l’Aïr, on le trouve dès l’oued Tidek ([fig. 62]). Au sud du Tchad, sa limite méridionale est le lac Iro (10° Lat. N.) ; il est l’espèce dominante dans le Baguirmi, où on le trouve dans tous les bas fonds inondés à l’hivernage [Chevalier, Afr. centr. franç., p. 343]. En dehors de cette zone, il est souvent cultivé dans les oasis (Fezzan, Tripolitaine).