Dans l’Edjéré, Roche[177] avait signalé des coulées de basalte aussi jeunes. Les recherches récentes de Voinot ont confirmé ces indications ; et Flamand a reconnu, parmi les échantillons rapportés, un basalte à péridot et une limburgite.

A Tit’, la vallée de l’oued est limitée au nord par un étroit plateau (400 à 500 m. de large) couvert d’une coulée de basalte que l’on peut suivre pendant une quinzaine de kilomètres, dominant la rivière de 20 mètres. Sa pente m’a paru être vers l’est. Sur les flancs du plateau on voit, par places, les débris d’une autre coulée certainement plus jeune.

L’oued Tit’ traverse ce plateau à 7 ou 8 kilomètres en amont du village ; plusieurs de ses affluents le coupent également.

Au voisinage du confluent des oueds Outoul et Adjennar, les coulées sont nombreuses, mais insignifiantes ; elles sont à peine à quelques mètres au-dessus des vallées ; elles paraissent converger vers un petit mamelon qui pourrait bien être un cratère.

Autour de Tamanr’asset, les phénomènes volcaniques ont laissé des traces nombreuses et importantes. L’Adr’ar’ Haggar’en (la Montagne Rouge), dont le point culminant, le Tin Hamor, a une altitude voisine de 1800 mètres, est bien vraisemblablement le reste d’un volcan fortement démantelé dont il ne subsiste plus que les parties profondes, consolidées par de nombreux dykes verticaux ([fig. 71]). Une roche porphyrique rose forme la masse principale de la montagne. Tout autour, de puissantes coulées de laves couronnent les hauteurs, mais il n’en reste que des lambeaux formant le plus souvent des gours isolés (Har’en (le pilon), Tindi (le mortier), Télaouas) ; le lambeau le plus étendu forme le plateau d’Hadrian, qu’entaille la brèche d’Elias, œuvre de quelque Roland berbère ([fig. 19,] p. 43). Ce volcan est ancien : les coulées d’Hadrian superposées sur une grande épaisseur, atteignent souvent 30 mètres de puissance et dépassent parfois 70 mètres, au nord de la brèche d’Elias par exemple ; leurs parties les plus basses sont à environ 120 mètres au-dessus des vallées. Ces coulées reposent souvent sur des cinérites qui permettront sans doute de fixer leur âge. — A 20 kilomètres au sud de l’Hadrian, l’Adjellella ([fig. 72]) est un plateau de même type qui montre la grande étendue de la nappe de laves : en tous cas, la roche est la même, une rhyolithe ægyrinique de couleur grisâtre.

Fig. 71. — Le Tin Hamor et le Telaouas (Ahaggar). — De Tamanr’asset (cf. [fig. 19]).

A dix kilomètres au nord-ouest de Tamanr’asset, une coulée basaltique moins puissante, 5 à 6 mètres seulement, forme le plateau de Tideri, élevé de 150 mètres au-dessus de la vallée.

Fig. 72. — Coulée de rhyolithe ægyrinique, formant le plateau de l’Adjellela. Ahaggar.