Il est porté par une petite tribu qui nomadise au voisinage d’Ansongo, sur le Niger, au sud de Gao, et dont les liens de parenté avec les Ifor’as de l’Adr’ar’ ne sont pas clairs. On le retrouve dans l’Aïr, où une tribu d’Ifor’as dépend du chef des Kel Férouan ; ces Ifor’as de l’Aïr sont assez nombreux, 400 environ ; ils campent habituellement dans le nord du Damergou. On les répute, en Aïr, comme des hommes nobles, mais pauvres et déconsidérés : ils seraient issus de la tribu des Kel Antassar (Touaregs de la région de Tombouctou) et seraient venus, il y a une cinquantaine d’années seulement[42], s’installer sur les terres du sultan d’Agadez.

Enfin chez les Azdjer, il existe des tribus Ifor’as (une centaine de tentes) qui y passent aussi pour étrangères. D’après Duveyrier [l. c., p. 359] elles seraient originaires d’Es Souk.

Aucun de ces groupes d’Ifor’as, sauf peut-être le dernier, ne semble se rattacher de bien près à ceux de l’Adr’ar’.

Les Ifor’as de l’Adr’ar’ ne seraient pas de vrais nobles ; leur pays appartiendrait en droit aux Oulimminden qui l’ont habité longtemps et à qui les Ifor’as payaient tribut.

Le départ des Oulimminden pour le sud aurait rendu les Ifor’as maîtres du pays ; tout ceci est peu clair, car, jusqu’en ces dernières années, jusqu’à l’occupation française, les Ifor’as étaient tributaires des Kel Ahaggar et leur payaient l’impôt.

Adr’ar’ Tiguirirt. — A une assez grande distance de l’Adr’ar’ des Ifor’as (125 kilomètres au sud-est) et séparé de lui par un tanezrouft de roches cristallines, se trouve un autre paquet montagneux, l’Adr’ar’ Tiguirirt, que le capitaine Pasquier a eu l’occasion de traverser. Sa constitution paraît analogue à celle de l’Adr’ar’ des Ifor’as ; les roches cristallines y jouent un grand rôle et l’abondance du mica y est remarquable, d’après les renseignements que Pasquier a bien voulu me communiquer.

L’Aïr.

Pour les habitants du pays, l’Aïr[43] est extrêmement vaste ; il désigne tous les territoires qui dépendent du sultan d’Agadez ; il comprend tous les terrains de parcours des Kel Gress et s’étend jusqu’au voisinage de Sokoto.

Les géographes européens ont pris l’habitude de réserver ce nom à la région montagneuse qui s’étend d’Agadez à Iférouane et c’est cet usage que nous suivrons. Le mot Aïr (ou Ahir) est employé par les Arabes et les Touaregs ; il a un synonyme haoussa : Asbin.

Orographie. — L’Aïr est contigu au sud, et probablement à l’est, à une haute plaine formée de grès et d’argile appartenant probablement au Crétacé inférieur (argiles et grès du Tegama). A l’ouest, une région déprimée, la plaine de Talak qui dans sa partie méridionale contient quelques lambeaux éocènes, lui fournit une limite assez précise ; vers le nord il se relie au tanezrouft : une pénéplaine silurienne, avec de rares îlots archéens, commence à une cinquantaine de kilomètres au sud d’In Azaoua ; les collines basses qui la recouvrent sont alignées d’ordinaire suivant une direction méridienne. Entre Assodé et Aoudéras, cette pénéplaine atteint une altitude voisine de 800 mètres ; elle s’abaisse au voisinage de 500 au nord comme au sud.