Quoi qu’il en soit de cette difficulté, les puits profonds se retrouvent tout le long de la bordure ouest de l’Adr’ar’ où ils jalonnent, à partir de Teleyet et de Tessalit, une grande plaine stérile, l’Adjouz, où les calcaires de Tabankort se retrouvent avec des fossiles, à Asselar’, Mabrouk, El Houz.

Plus à l’ouest encore, jusqu’au méridien de Tombouctou tout au moins, cette zone des puits profonds est bien indiquée : El Adjou aurait 70 mètres et Inalaye 90 mètres. La ligne dite des puits, entre Tombouctou et Ormaïort (210 km.), au nord du Niger, suit un plateau coupé de quelques dunes ; elle est jalonnée par des puits situés à un ou deux jours de marche les uns des autres. Ces puits profonds de 30 à 40 mètres ont un débit important[60].

Ce n’est évidemment que par une induction, peut-être un peu trop audacieuse, que le sous-sol de ces différentes régions, dont le seul caractère commun est l’éloignement de la surface de leur nappe d’eau permanente, peut être rattaché aux grès du Tegama, c’est-à-dire à l’Infracrétacé.

Il semble cependant que les observations géologiques faites au cours du raid à Taoudenni du colonel Laperrine, par le lieutenant Mussel[61], apportent un appui sérieux à cette hypothèse.

Partant du Touat où des grès à sphéroïdes et des argiles gypsifères multicolores, recouvertes par les calcaires fossilifères crétacés supérieurs du Tadmaït, représentent l’Infracrétacé, Mussel a pu suivre de proche en proche cette formation ; il l’a vue former entre Adr’ar’ (Touat) et Tin Haïa, une série de gours, de témoins isolés. A El Biar, à Taoudenni, les mêmes couches bariolées que Lenz avait déjà signalées (grès rouges) forment quelques mamelons qui témoignent de la continuité de cette formation ([fig. 6], p. 11).

Fig. 28. — Falaise d’El Khenachiche.

D’après Mussel (Renseign. colon., 1907, p. 151).

1, Argile rouge avec veines de gypse ; 2, Gypse et Calcaire, 0 m. 50 ; 3, Argiles schisteuses avec gypse, 4 m. ; 4, Conglomérat quartzeux, 1 m.

Ce même Infracrétacé se montre nettement à la falaise d’El Khenachiche[62] qui laisse voir des couches horizontales d’argiles bariolées gypsifères passant parfois à des grès rouges.