Crétacé supérieur. — Au-dessus des grès et argiles du Tegama, on trouve dans le Damergou une série de collines hautes d’une trentaine de mètres et constituées par le Crétacé supérieur avec fossiles marins.

Fig. 29. — Crétacé supérieur du Damergou. — Près de Danmeli.

1, Grès rouge avec lumachelle à huîtres ; 2, Argiles blanc-verdâtre avec gypse (3 m.) ; 3, Latérite.

La base en est formée par des grès rouges contenant quelques bancs d’une lumachelle à huîtres. Ce niveau est bien visible dans le flanc d’une vallée à l’ouest de Danmeli, où il est nettement surmonté par des argiles gypsifères, qui, grâce à la sécheresse, forment une petite falaise très nette.

Ce niveau inférieur de grès rouges se retrouve tout autour du poste de Djadjidouna qui semble occuper le centre d’un petit bombement anticlinal, mais il est beaucoup moins nettement visible qu’à Danmeli et son existence n’est prouvée que par les nombreux débris de grès rouge et de lumachelle que l’on trouve dans les champs de mil et le long des sentiers.

Les assises suivantes sont au contraire mieux visibles autour de Djadjidouna qu’auprès de Danmeli, où les argiles gypsifères n’ont que 3 mètres de puissance. La falaise de Béréré montre les mêmes argiles sur une vingtaine de mètres avec intercalation, vers leur milieu, de plusieurs bancs de calcaires de 0,10 à 0,20 de puissance.

Ces bancs sont très fossilifères ; les ammonites y abondent[65] et la forme la plus commune est très voisine de Vascoceras Durandi Thomas et Peron, du Turonien inférieur de Tunisie. Les huîtres, très fréquentes elles aussi, appartiennent aux groupes de O. Columba, de O. Rollandi Coquand et de O. Olissiponensis Sharpe[66] ; cette dernière espèce a été longtemps considérée comme cénomanienne ; les recherches récentes de Choffat montrent qu’au Portugal elle est turonienne et que, dans l’Angola, elle existait encore au Sénonien[67]. On retrouve, à quelques kilomètres autour du poste de Djadjidouna, le même niveau fossilifère en un grand nombre de points, surtout vers l’ouest.

Les argiles gypsifères sont partout recouvertes d’un manteau de latérite de puissance variable. Les débris de ce manteau recouvrent le flanc de la plupart des collines du Damergou, de sorte que, vues de loin, elles donnent bien l’illusion « d’ondulation rocheuses uniformément recouvertes de latérites ferrugineuses rouges ». [Foureau, Doc. Sc., II, p. 551.]