Fig. 40. — Dallols près de Labat.

Adr’ar’ de Tahoua.

La majorité des villages, pour des raisons défensives, est établie au bord du plateau, souvent assez loin des puits dont la plupart, profonds d’une dizaine de mètres, sont creusés dans les alluvions, vers le milieu des dallols. Quelques villages cependant, comme Kalfou (Pl. XXVII, [phot. 52]), sont installés au milieu des plateaux, dans des cuvettes synclinales où ils ont pu trouver de l’eau.

La culture du mil est la seule importante ; on le sème dans la première quinzaine de juin et il est mûr quatre mois après ; il y a aussi quelques champs de coton.

Les sédentaires sont naturellement des noirs, mais le pays est sous la domination des Touaregs, les Kel Gress vers l’est et surtout lès Oulimminden, dont la région de parcours est au nord de l’Adr’ar’ et s’étend jusqu’à Gao. D’après les traditions locales cette domination remonterait à trois ou quatre siècles ; elle est vraisemblablement beaucoup plus ancienne ; les redjems, surtout des basinas, identiques à ceux du Sahara, sont abondants dans l’Adr’ar’ de Tahoua, comme dans tous les pays occupés actuellement par les populations berbères[86]. Quoique aucun d’eux n’ait été fouillé, il semble impossible de les confondre avec les autres types de sépulture décrits par Desplagnes [Le Plateau Central Nigérien] et qui sont attribuables à d’autres races.

L’influence targuie est en tous cas bien marquée, même chez les sédentaires ; habituellement, chez les noirs, ce sont les femmes qui font toutes les corvées ; dans la région de Tahoua, les hommes prennent une part active au travail.

La limite orientale de l’Adr’ar’ de Tahoua est très précise : un peu à l’est de Guidambado commencent les plateaux éocènes qui débutent par une falaise, au-dessus des grès du Crétacé supérieur. La plaine que forment ces grès au contact de l’Adr’ar’ (désert des Mousgou, Gober) est à peine habitée.

Djerma. — Vers l’ouest les limites sont beaucoup plus indécises. Les grès bariolés qui sont à la base de l’Éocène se continuent jusqu’au Niger, constituant la région du Djerma[87], région qu’habitent des populations de langue sonr’ai.

Fig. 41. — Matankari, sur le dallol Maouri.