Alors, décidé à ne rien perdre des derniers moments, je rectifie la position. Mon corps coupait la porte en diagonale. Le voici droit. Je redeviens attentif.

L’ami parle.

Si vous voyiez Cérès en voyage, vous ririez bien. Elle emporte toujours un fromage avec elle ! Je répète :

Cérès voyage

avec un fromage.

Est-ce une phrase ou un distique ?

Cérès voyage

avec un fromage.

Y a-t-il quelque drôlerie dans cette phrase, ce distique ? Je ne ris pas, m’étonne de ne pas rire. Je ne suis déjà plus avec les hommes. Je ne suis pas encore seul. Les autres, dont il n’est rien qui ne me laisse indifférent, depuis que j’ai décidé de les fuir, n’ont pas fini de me tenir en esclavage.

N’irai-je donc jamais jusqu’à cette belle liberté bien neuve, mon orgueil ?