Ah! goûter tout ce qui tourmente![ [33]

Si instable et oscillante est cette sensibilité qu'à la rigueur les extrêmes s'y touchent:

Mon Dieu! mon Dieu! la paix touche au délire aussi![ [34],

et que sans cesse par des transitions rapides et insensibles s'y transmuent l'une en l'autre la volupté et la douleur:

Chère douleur, ô seul brisement délectable!...

Vous par qui l'on sanglote et vous par qui l'on rit,

Rire d'inconsolable et mortelle allégresse![ [35]

«Je n'ai pas le sens des degrés du plaisir, dit Sabine. Il n'y a qu'un plaisir, c'est ce qui fait mal...»[ [36] Désordonnés mouvements du cœur, dont la nature ne saurait être l'objet, non plus que la cause! Aussi bien la nature elle-même suscite au cœur qu'elle ne suffit point à combler la nostalgie d'un autre amour:

Vaporeuse douceur de l'air tremblant et pur,

Paysage d'été luisant sous ma fenêtre,