Ah! cet oiseau qui chante et qui ne pense pas...[ [38]
Qu'on lise tout le poème, et puis qu'on relise le Lac et la Tristesse d'Olympio; s'il n'a ni le sublime pathétique de l'un, ni la magnificence de l'autre, il a sur tous les deux la supériorité de la précision analytique. Ç'a été et c'est la tâche de quelques-uns des meilleurs écrivains d'aujourd'hui de préciser par l'analyse le vague constitutif de la sensibilité romantique.
Sur sa façon de sentir l'amour, Madame de Noailles est beaucoup plus brève que sur sa façon de sentir la nature. Dans ses trois volumes de vers, on trouverait à peine une douzaine de pièces consacrées à un sentiment qui remplit d'ordinaire les productions féminines, et ces pièces, si ingénieusement qu'on les rapproche, ne forment pas l'histoire d'un cœur. Trois ou quatre d'entre elles font allusion à des déceptions répétées, déceptions ordinaires, inévitables, mais particulièrement sensibles à ce cœur né pour souffrir.
Je t'expliquais parfois cette peine que j'ai
Quand le jour est trop tendre ou bien la nuit trop belle.
Nous menions lentement nos deux âmes rebelles
A la sournoise, amère et rude tentative
D'être le corps en qui le cœur de l'autre vive;