Et puis, un soir, sans voix, sans force et sans raison,
Nous nous sommes quittés; ah! l'air de ma maison,
L'air de ma maison morne et dolente sans toi,
Et mon grand désespoir étonné sous son toit![ [39]
Mais quoi! C'est la destinée commune de tous les cœurs qui ont trop d'amour. Il y a de Saint-Paul un mot simple et profond: «Quoique, écrit l'apôtre, en aimant davantage, je sois peut-être moins aimé». Ainsi Madame de Noailles:
Tu vas, toi que je vois, mon ombre, ô mon moi-même,
Cherchant quelque épuisant et merveilleux bonheur,
Mais l'espoir tremble, l'air est las, la vie a peur,
Tu vas, ayant toujours plus aimé qu'on ne t'aime,
Plus aimé, ou du moins plus âprement aimé,