Le Mouton est le type de l’animal tellement modifié par la domestication qu’il est impossible de dire de quelles formes sauvages il pourrait provenir. Les uns pensent que, au moins les petites races à queue courte et à cornes en forme de croissant descendent du Mouflon de Corse, d’autres affirment que les Moutons primitifs proviennent de plusieurs espèces éteintes. Ce qui est certain, c’est que les soins de l’homme et les croisements l’ont extraordinairement modifié, à ce point qu’il lui serait impossible de reprendre la vie sauvage, comme les Chèvres, les Porcs et les animaux domestiqués échappés au joug de l’homme, ont pu le faire à l’occasion. Il périrait de suite infailliblement s’il était abandonné à lui-même.

Le Mouton est, au surplus, très variable. Ses cornes peuvent être très diverses, manquant souvent chez la femelle, arrivant chez le mâle d’une race du Chili à quatre, et même, dit-on, à huit; les mamelles, normalement au nombre de deux, peuvent être de quatre; la durée de la gestation varie de 144 à 150 jours; la différence de fécondité est considérable suivant les races; la queue est très courte ou énorme; le chanfrein droit ou très busqué. Dans la même race, on constate même que, sous l’influence du climat et par suite du changement de nourriture, la grosseur de la queue et la toison se modifient très rapidement.

Pour en donner une idée, il suffit de rapporter l’origine de la race de Mauchamps: dans une ferme, une brebis mérinos donne naissance à un agneau qui devient remarquable par une laine particulièrement douce et des cornes tout à fait lisses, corrélation naturelle, puisque poils et cornes sont des formations de même nature, et par un facies spécial. Cet agneau imprima fortement ses caractères chez ses descendants et devint la souche d’une race nouvelle. Or, si on ne savait pas l’origine de cette race, on la supposerait certainement née d’une forme primitive inconnue.

Les races de Moutons sont nombreuses, les unes françaises, anglaises, espagnoles, d’autres africaines, toutes fécondes entre elles.

Le Mouton est essentiellement utile à l’homme qui emploie sa viande, sa peau, ses boyaux, son suif, son lait. Il n’est pas jusqu’à l’agneau mort-né, naissant ou récemment né qui ne donne une fourrure recherchée sous le nom d’astrakan.

Genre Chèvre.—Capra Linné.

Il y a actuellement dans le monde beaucoup de races de Chèvres, fertiles entre elles, et parfois différant beaucoup par la longueur proportionnelle des intestins, par la forme des mamelles, par l’odeur émise par le mâle, par la présence ou l’absence de cornes chez la femelle, par les oreilles et cent autres caractères. La Chèvre est domestiquée depuis un temps immémorial, car, à l’époque de la pierre, elle vivait déjà près de l’homme.

Elle descendrait de plusieurs espèces sauvages, notamment de Capra œgagrus du Caucase, de Capra Falconieri de l’Inde. Il y a eu probablement aussi des croisements avec Capra ibex des Alpes et des Pyrénées.

La Chèvre est élevée surtout en vue de son lait avec lequel on fait d’excellents fromages, soit avec son lait seul, comme en Berri, en Poitou et ailleurs, soit en le mélangeant avec celui de la Vache, comme au Mont-d’Or, soit en le mêlant au lait de Brebis, comme à Roquefort, soit en le mélangeant à la fois avec les laits de Vache et de Brebis. Son cuir est excellent pour la chaussure, la reliure, les gants. Sa chair, surtout celle du Chevreau, est passable.

Les départements les plus riches en Chèvres sont la Corse (environ 135.000), l’Ardèche (100.000), la Drôme, l’Isère, les Deux-Sèvres et l’Indre. Les plus pauvres sont Lot-et-Garonne, l’Aude, l’Orne, le Finistère (environ 1.500). La Suisse compte une nombreuse population de Chèvres. L’Algérie en possède plus que la France.