[26] Les goûts sont partagés sur ce qui rend le soulier d'une femme plus agréable à la vue. L'auteur d'Émile (VIe partie, p. 155 et 297) prétend qu'un talon élevé fait paraître le pied petit, et l'importance de l'observation fait qu'il y revient deux fois. Il s'ensuivrait de là que, les petits pieds étant les plus jolis, le goût général devrait être pour les talons élevés; car les femmes dont le pied est petit voudront le faire paraître encore plus mignon, et celles qui l'ont un peu grand seront charmées de faire éclipser ce défaut. Cependant nos petites-maîtresses portent souvent des talons bas: il serait absurde de dire qu'elles sont insensibles au précieux avantage dont cette chaussure les prive. Qu'elles savent habilement regagner d'un côté ce qu'elles semblent abandonner de l'autre! La démarche devient plus légère, le port plus gracieux et plus dégagé, l'action plus libre. Mais ce n'est pas tout; on donne aux tendrons de treize à quinze ans des talons bas; les tendrons plus âgés, avec un regard timide, une adroite naïveté et des talons bas, ne se flatteraient-ils pas de prolonger l'âge de l'innocence? (Jeunes gens, défiez-vous de toute femme qui, vivant dans le monde, veut paraître Agnès à vingt ans!) Quand il faut opter entre deux avantages, on choisit le plus grand: l'on préfère un air enfantin aux grâces d'un petit pied. A-t-on raison ou tort? Je ne décide rien. Je dirai seulement qu'un talon haut va bien aux grandes femmes, est avantageux à celles d'une taille médiocre, nécessaire aux petites, et ridicule seulement pour les naines. En général, il donne trop de grâces, pour ne le pas conseiller. Mais soit que l'on porte talon haut ou bas, il faut donner toute son attention à ne se pas déformer le pied par une chaussure gênante.

Nota.—Tout ce qu'on vient de lire s'est trouvé dans les papiers du dévot Apatéon.

[27] Virgile, dans l'Énéide, en fait un usage admirable; ce poète inimitable a bien senti que le seul moyen de soulager la douleur de son héros et de le préparer à se livrer bientôt aux douceurs de l'amour était de faire couler ses larmes, par le récit de ses malheurs: c'est par là qu'il va le disposer à répondre à la tendresse de Didon.

Infandum, regina, jubes renovare dolorem...
Quis, talia fando, temperet à lacrymis?

[28] Combien ne se trouve-t-il pas de nos jours, et dans tous les états, de mères semblables à celle que Pétrone a peinte dans la mordante satire qu'il a faite des mœurs de son siecle, de la cour et de l'empereur! (Pétrone, tome II, pages 277 et suiv.)

[29]

Τω δ'ετερον μεν εδωκε πατηρ, ἑτερος δ'ανενευσε.

(Tô d'eteron men edôke patêr, heteros d'aneneuse.)

Il. π. υ. (p. u.) 260.

Audiit, et voti Phœbus succedere partem