— Au nom de Dieu, cher papa, ménagez-vous! j'ai besoin de votre tendresse paternelle plus que jamais… Que deviendrais-je si je vous perdais? Vous êtes le meilleur des pères; vous me donnez le nécessaire et la volupté. J'ai un bijou insatiable; mais votre Traitdamour l'emplit et le satisfait au delà de toute vraisemblance. Je suis bien sensible au don que vous m'en avez fait. Aussi la reconnaissance et la tendresse sont pour vous; je ne lui donne que du…
— Foutre, mon adorable fille… Tu es toujours également modeste.
— J'ai aussi beaucoup d'obligation à Traitdamour d'avoir amené sa petite soeur et sa jolie maîtresse; surtout d'avoir donné celle-ci à ses deux vaillants camarades pour me rester plus entier et vous soulager d'autant, vu mon extrême chaleur. Ces jeunes filles sont de bonnes petites créatures, et valent mieux que Rosemauve, qui cependant n'est pas sans mérite… Ménagez-vous, cher papa. Ne voyez que moi; c'est bien assez. Une partie, tous les huit jours, suffira pour vos forces. Traitdamour me donnera le surplus de ce qu'il me faut. En ne jouissant que les dimanches, les garçons, les petites, tout comme nous, l'appétit et le plaisir seront plus grands; nous passerons une demi-journée délicieuse… Mais je suis jalouse de vous et du beau Traitdamour; ne le mettez qu'à moi. Avertissez-les tous de cela. C'est mon caractère que la jalousie. Et puis, où trouveriez-vous une femme ou fille qui me vaille? Toujours propre, abluée à chaque pipi, autant par volupté que par délicatesse; car j'ai cet endroit, que vous avez la bonté de trouver charmant, toujours si chaud que je ne le mets jamais dans l'eau qu'avec une volupté qui approche de la jouissance. Ne me le mettez donc pas de la semaine, pour avoir plus de plaisir, sans vous tuer, le dimanche. Ne me touchez ni le bijou, ni le sein!
— Non (répondis-je); durant la semaine, je ne baiserai que ton joli pied. Et je veux toujours avoir une de tes chaussures au trumeau de ma cheminée!
— Rien de si flatteur, répondit-elle, que d'être ainsi adorée jusque dans sa parure. Aussi mon pied est-il soigné, comme vous l'adorez. Je le lave à l'eau-rose deux fois le jour matin et soir, et après avoir marché.
— Ah! céleste fouteuse, que je le baise, que je le baise!
— Point de ces mots-là! dans la semaine: ils vous excitent… Baisez votre idole! j'y ai autant de sensibilité qu'ailleurs; mais restez-en-là… Du reste, je suis à vous. Vendez-moi, livrez-moi, quand vous le voudrez; je me donnerai avec plaisir pour vous; comme une autre Ocyrhoé.
[lacune]
Je me privai donc, malgré moi; mais par nécessité; je me contraignais.
[autre lacune]