La lune printanière t'illumine; baignée dans ses rayons, tu brilles d'une grâce divine! Comment ne me serais-je pas pris au piège?—mon regard s'en repaît, avec délices.
SIEGLINDE lui écarte du front les cheveux, et le considère avec admiration.
Comme ton front s'élève, découvert et franc! Comme tes veines, sur la tempe, entrelacent leurs rameaux! La joie qui m'enchante, j'en ai peur! Est-ce un miracle? est-ce un souvenir? Aujourd'hui je t'ai vu pour la première fois, et pourtant mes yeux t'avaient vu déjà![335-1]
SIEGMUND
Dans un rêve d'amour, je me souviens aussi, dans l'ardeur du désir je t'avais vue déjà!
SIEGLINDE
Mirée dans l'eau, j'ai connu mon image,—et c'est elle qu'à présent je retrouve: c'est, telle qu'elle vint vers moi, jadis, du fond des eaux, mon image, que je retrouve en toi![335-2]
SIEGMUND
Ton image, que je portais cachée au fond de moi-même.
SIEGLINDE, détournant tout à coup les yeux.