ACTE TROISIÈME

SITE SAUVAGE

au pied d'une montagne rocheuse, qui du côté du fond à gauche se dresse à pic.—Nuit, orage et tempête, éclairs et tonnerres.

Devant la porte caverneuse d'une sorte de crypte en plein roc, LE VOYAGEUR—s'est arrêté.

Éveille-toi! Éveille-toi! Wala, réveille-toi! De ton long sommeil, dormeuse, je t'évoque. Mon cri t'appelle: remonte! remonte! Des vapeurs de la crypte, du ténébreux abîme, remonte! Erda! Erda! Femme éternelle! Hors du gouffre natal, surgis! Je chante, pour que tu te réveilles, je chante, ta formule de réveil; de ta rêveuse torpeur, mon chant t'évoque. Omnisciente! Primordiale-Sagesse-de-l'Univers! Erda! Erda! Femme éternelle! Éveille-toi, Wala! Réveille-toi!

La crypte caverneuse s'est éclairée lentement, d'une lueur bleuâtre et crépusculaire, où surgit des abîmes ERDA. Elle paraît recouverte de givre[483-1]; ses cheveux et ses vêtements jettent une clarté brillante.

ERDA

Fortement m'appelle la formule; puissamment sa magie m'attire; je suis réveillée de l'omniscient sommeil: qui trouble mon assoupissement?

LE VOYAGEUR