[96-1] Lettre sur la Musique, pp. LXXII-LXXIII.
[96-2] Par cette phrase on comprend dès lors pourquoi Wagner, non seulement devait être l'ennemi des concerts fragmentaires de musique dramatique, mais encore et surtout voulait que le chef d'orchestre, chargé de mener l'exécution d'une œuvre musicale destinée à la scène, dirigeât, et dirigeât seul, celle aussi du Drame en entier, puisque Poème, Plastique, Musique, forment un Tout indivisible.—Je ne puis insister sur ces vues, que les lecteurs connaissant l'allemand trouveraient exposées tout au long dans le traité par Richard Wagner, sur l'art de diriger le Drame, en ses Gesammelte Schriften und Dichtungen, tome VIII.
[97-1] Lettre sur la Musique, pp. LXXIII-LXIV.—«Qui n'embarrasse jamais»?... J'entends les plaisanteries chères à presque tous les habitués de nos théâtres-de-musique. Qu'on veuille bien attendre, pour plaisanter, d'avoir lu les notes (1) de la p. 110 et (2) de la p. 132: on s'y pourra convaincre qu'à Bayreuth l'orchestre est disposé de façon spéciale, et doit, à cette disposition, non seulement, comme disait Wagner, une «sonorité» toute «mystique», mais encore l'avantage de permettre, aux acteurs, une netteté parfaite d'articulation. J'ai entendu des gens, le conterai-je? se plaindre que l'orchestre, ainsi, ne produisît plus assez de bruit.... Que ceux-là retournent à l'Opéra! Quant à la musique de Wagner, elle n'a pas besoin de tant de vacarme, puisqu'il s'agit, pour elle, de concourir au Drame (au même titre que le Poème), d'en soutenir la déclamation, de la rendre plus pénétrante, d'en préciser les sens cachés, les sous-entendus, les silences, et non pas de réussir à nous faire oublier l'imbécillité d'un livret.
[98-1] Cf. Lettre sur la Musique, p. LXXVI.
[99-1] Dans une lettre à Uhlig, déjà citée deux fois (pp. 70, 71), Wagner dit qu'il livre bataille à la forme consacrée en cinq actes. A partir du Vaisseau-Fantôme inclusivement, ses drames en ont en effet trois, à l'exception, bien entendu, de L'Or-du-Rhin, qui n'est qu'un Prologue (Cf. p. 27, note (1).
[99-2] Les Arts Optiques: «Lichtwelt»—le Monde-de-la-Lumière (Wagner).
[100-1] Cf. L'Œuvre d'Art de l'Avenir: «Ce qui appartient à l'œil, c'est l'extérieur de l'homme. L'œil saisit la forme animée de l'homme, la compare avec les objets ambiants et l'en différencie. Ce qu'il voit immédiatement, ce sont les mouvements extérieurs, inconscients, causés par une douleur ou une joie. Ensuite viennent les émotions de l'homme intérieur médiatement, c'est-à-dire par l'intermédiaire de la physionomie et des gestes...» (p. 78).
[100-2] Cf. L'Œuvre d'Art de l'Avenir: «C'est par le peintre que le théâtre doit atteindre à sa complète vérité artistique.» (Das Kunstwerk der Zukunft; Gesammelte Schriften, t. III, p. 75).
[100-3] Cf. L'Œuvre d'Art de l'Avenir: La peinture «représentera le paysage, qui, vivant, sera comme le fond devant lequel se manifestera l'homme vivant. La scène, qui doit représenter l'image de la vie humaine, doit pouvoir contenir l'image de la nature pour la pleine compréhension de la vie dans laquelle l'homme se meut. (Id., ibid.)
[101-1] Cf. in Revue Wagnérienne, t. Ier,—l'excellente analyse des Œuvres théoriques, par M. Edouard DUJARDIN.