[436-1] La Lance d'Odin, que les Eddas nomment Gungnir, est l'une des choses de l'univers sur lesquelles sont gravées les «véritables runes», suivant le Sigurdrifumàl: «Apprends à connaître les runes de l'intelligence..... Celui qui les trouva, les exprima et les grava le premier fut Sigfadir (Odin); il les puisa dans la rivière qui coulait du crâne de Heidraupnir (Mimir)..... Il se tenait sur le haut de la montagne, son épée étincelante à la main et le casque en tête. Pleine de sagesse, la tête de Mimir prononça sa première parole et indiqua les véritables runes. Il parla, et elles se gravèrent sur le bouclier du Dieu de la Lumière, ..... sur l'or et sur le verre, ..... sur le siège de Wala, sur la pointe de Gungnir et la poitrine de Grani, sur l'ongle de la Norne et sur le bec du Hibou..... Voilà les runes du savoir et les runes secourables, ..... et les runes si renommées de la puissance..... Apprends à les connaître et laisse-les agir jusqu'à ce que les dieux meurent.»—Cf. p.254, note (2).
[437-1] La terre.
[437-2] «Puisque tu désires connaître la capacité d'un nain, mets-moi à l'épreuve, Vingthor. J'ai parcouru les neuf mondes, et je sais bien des choses.» (Edda de Sœmund, Poème du nain Allvis, 9, analogue au Vafthrudnismal.) Thor, l'interlocuteur d'Allvis (ou de Celui-qui-sait-tout), commence par ces mots l'interrogatoire: «Dis-moi, Allvis, car tu connais, je crois, tout ce qui concerne les races humaines.....»
[437-3] «Tu es bien savant, ô géant!» (Vafthrudnismal).
[438-1] Ein kühnes dummes Kind, littéralement: «un intrépide [et] niais enfant». «Naïf» serait peut-être plus exact, avec une idée d'ignorance et l'ironique intonation qu'il a souvent en notre langue. Siegfried est ainsi qualifié de dumm, plusieurs fois, par Mime, par soi-même. Sa naïveté, du reste, éclate à chaque instant, et Brünnhilde, à la fin du drame, y fait d'attendries allusions (soit lorsqu'il la prend pour sa mère, soit lorsqu'il s'effraye, comiquement, de ce qu'il a si vite «oublié» la peur). Sans cette ignorance de sa destinée, sans cette inconscience de sa haute mission, non seulement Siegfried ne serait pas joyeux, non-seulement il ne serait pas libre, libre de crainte, mais surtout il ne serait point, ne pourrait pas être, on le sait déjà, le Héros Rédempteur attendu par Wotan.—Aussi importe-t-il de souligner ici une première concordance entre le rôle de Siegfried, niais, naïf, ignorant, dumm, et celui plus sublime, sans doute, de Parsifal, «le Pur Simple» (ou «Fol»), der reine Thor.—D'autres comparaisons à faire seront indiquées, tout extérieures—car je ne puis, hélas, en ces notes, traiter le fond de semblables questions.—Qu'il me suffise, pour le moment, de conseiller, à quiconque aurait lu Parsifal, une méditation: sur les mères, de l'un et de l'autre Héros, Sieglinde et Cœur-Dolent ou Herzeleide; et sur les circonstances où sont nés l'un et l'autre; Beauté virile, Force virile, Joie virile, Prédestination rédemptrice,—issues de l'extrême faiblesse, de la suprême douleur, de l'affreuse prédestination à la défaite ou à la mort.—Cf. p. 451, note.
[439-1] Au sujet de l'origine eddique de cette idée, voir, dans la Walküre, la note (1) de la p. 403.
Hehe! Mime! du Memme!
Littéralement: «Hé Hé! Mime! toi poltron!» On voit assez que de tels jeux de mots sont intraduisibles en français. Tout au plus pourrait-on, si le passage importait, risquer une assonance, encore insuffisante, celle de «pusillanime», comme je l'ai fait plus loin, p. 443:
Doch wie bringst du,
Mime mir's bei?
Wie wärst du Memme mir Meister?