[481-2] Les Aigles: «Tu peux, ô homme, contempler sous son heaume la vierge que le cheval Wings-Kornir» (Grane, dans la Tétralogie) «emporta hors de la mêlée. Nul guerrier ne peut interrompre le sommeil de Sigurdrifa» (Brünnhilde) «avant que les Nornes y consentent.» (Fafnismal.)—«Il» (Odin) «ordonna que celui-là seul m'éveillerait de mon sommeil, qui jamais n'aurait connu la crainte.» (Helreidh Brynhildar ou Descente de Brynhild vers Hel, dans l'Edda de Sœmund.)
[482-1] Littéralement: «le sot» (ou «naïf», ou «niais») «garçon».—Cf. p. 438, note (1).
[483-1] «Eveille-toi, Groa! éveille-toi, femme bonne! Je viens t'éveiller devant les portes de la mort.» (Evocation de Groa.) Mais c'est surtout d'un autre chant de l'Edda de Sœmund, Wegtams-Kvidha, que Wagner s'est ici souvenu. Dans ce poème de Vegtam, Odin, inquiet, comme tous les Ases, sur le sort de Balder, «Odin, le dominateur des peuples, se lève, il pose la selle sur Sleipner, et chevauche ensuite vers Niflhem. ... Odin avança: le chemin qui descendait de la terre retentit, et le père des Ases arriva dans la demeure de Hel. Il se dirigea vers la porte de l'Orient où était le tombeau de Vala. Odin chanta devant cette tombe l'évocation des morts, regarda le nord et traça des runes; il demanda une réponse. Vala se leva enfin, et chanta ces paroles de la mort: «Quel est, parmi les hommes, cet homme qui m'est inconnu et qui répand la tristesse dans mon esprit? J'étais enveloppée de neige, battue par la pluie et mouchetée par la rosée; j'étais morte depuis longtemps.» (Wegtams-Kvidha, 6, et 8-11.)—C'est d'abord pour rappeler cette source scandinave que Wagner fait paraître, ici, Erda «recouverte de givre». Pourquoi donc ne s'en soucia-t-il pas dans L'Or-du-Rhin, lorsque spontanément surgit Erda plus jeune? C'est que lointaine encore était, à ce moment, l'éventualité du Crépuscule-des-Dieux. Mais voici qu'il est proche, et Wagner n'oublie point qu'entre autres phénomènes avant-coureurs du Ragnarœcker, il y aura, suivant les Eddas, «il y aura d'abord un hiver...: la neige tombera dans toutes les directions, une gelée très rigoureuse et des vents piquants feront disparaître la chaleur du soleil. Cet hiver se composera de trois hivers pareils, qui se succéderont sans été» etc, etc. Détails très peu dramaturgiques, non utilisés par Wagner, mais consciencieusement suggérés—d'un mot.
[484-1] C'est l'une des préoccupations d'Odin dans les Eddas; celle de Snorro (Bragarodur) raconte longuement, entre autres choses, comment, déguisé en faucheur (on songe à mainte fable hellénique) il conquit l'hydromel de Sattung, «si parfait, que quiconque en boit devient poète et fort savant».
[484-2] «On me nomme Vegtam, et je suis le fils de Valtam. Parle-moi de l'abîme, et je te parlerai de la terre.» (Wegtams-Kvidha, 11)
[485-1] «Quel est, parmi les hommes, cet homme qui m'est inconnu et qui répand la tristesse dans mon esprit?» (Wegtams-Kvidha, 10.)
[485-2] Dans la Grepisspà de l'Edda de Sœmund, Brynhild est désignée par ces mots: «la voyante».—Pour les Chants des Iles Féroë, c'est «la jeune fille pleine de savoir». Comparez p. 520, n. (1), le prologue du Crépuscule-des-Dieux (scène entre Brünnhilde et Siegfried) et la scène finale du même drame.
[486-1] Streitvater, «le Père-du-Combat».
[486-2] «Sigurdrifa tua Hialmgunnar dans le combat; mais, pour la punir, Odin la piqua de l'épine du sommeil et décida qu'à partir de ce moment elle ne remporterait plus de victoire dans les combats, et qu'elle se marierait.» (Sigrdrifumal.)
[486-3] «J'ai parlé contre mon gré, maintenant je dois me taire,» répète à Vegtam plusieurs fois Vala. (Wegtams-Kvidha, 12, 14, 16.) Et Vegtam (Odin) lui réplique chaque fois: «Parle-moi, Vala! Il est des choses que je veux savoir, et je t'interrogerai jusqu'à ce que tu les aies dites.» (Id., 13. 15, 17.) Ou encore (17): «Dis-moi cette seule chose, tu ne dormiras pas auparavant.»