[487-1] «Mais les fils des Ases n'ont pas d'intelligence.» (Wegtams-Kvidha, 12.)—«Tu n'es point Vegtam, comme je l'ai cru; tu es Odin le chef des peuples.—Tu n'es pas Vala, tu n'es pas une savante femme, mais trois fois la mère des Thursars.» (Id., 18, 19.)
[487-2] «Retourne chez toi, Odin, et sois généreux. Les hommes ne viendront plus me trouver avant le temps où Loke brisera ses liens, avant le moment de la mort des Dieux.» (Wegtams-Kvidha, 20.)
[488-1] «Il passe devant la cour du roi Juki.» (Gibich) «Dehors se tient Grimhild entourée de maints guerriers...—Sjurd, suspends ta course, écoute et réponds-moi. J'ai une fille qui est belle et qui veut t'accorder son amour» (Gudrun) «—Jamais je ne suspends ma course... Je continue à gravir la montagne où brûle la Waberlohe... Je continue à gravir la montagne pour contempler une belle femme.» (Chants des Iles Féroë.)
[489-1] «Ecoute, Sjurd, qui t'a montré le chemin, quand tu chevauchais à travers la fumée et les flammes de la Waberlohe?—Deux oiseaux me dirent dans le bois verdoyant: Elle est belle, Brinhild, la fille de Budli, et elle attend ta venue. Voilà ce que me dirent deux oiseaux sur mon chemin, et c'est pour cela que j'ai chevauché jusqu'ici.» (Chants des Iles Féroë.)
[490-1] «Wagner n'a pas le moindre besoin d'une aride forme sentencieuse pour émettre de ces vues profondes.» Combien de fois l'aurai-je répété? Mais il le faut.
[491-1] Pour comprendre cette phrase obscure (en apparence), il suffirait, à la rigueur, de se rappeler qu'Odin étant un dieu borgne, l'œil qui lui manque n'est autre chose que le soleil,—disent les mythographes. «C'est grâce à» cet «œil» de Wotan que Siegfried peut voir l'autre œil, celui qui reste au Dieu.—Wagner, notais-je dans l'Or-du-Rhin, s'est servi çà et là de cette interprétation; mais il l'a, suivant l'habitude de son génie, enrichie d'un nouvel et profond sens philosophique, dont s'éclaire son quadruple Drame: si l'on veut bien prendre la peine de se reporter à cette même note (p. 218), et se rappeler dans quel but Wotan a «mis en gage» l'œil qui lui manque (pour épouser Fricka, la Sagesse incarnée), sans doute comprendra-t-on pourquoi, tout en recommandant comme utile, en raison de sa simplicité, la glose mythographique ci-dessus, je me rallie sans hésitation à celle de M. Alfred Ernst. L'énigmatique passage signifie, d'après lui, que l'œil auquel a renoncé Wotan (pour acquérir la froide Sagesse, qu'il a crue nécessaire au gouvernement du Monde) est «l'une de ses deux clairvoyances»: clairvoyance de l'instinct, ou, si l'on veut, du cœur. Et l'éminent critique ajoute: «Issu de la tendresse que Wotan eut pour les hommes, loin des dieux, contre les dieux même et les lois édictées» (cf. dans La Walküre, le rôle entier de Siegmund: le récit de Wotan à Brünnhilde; l'émotion de Brünnhilde, Wotan-féminin, devant la douleur du Héros), «Siegfried est», comme le fut Siegmund, «le représentant de cette clairvoyance sacrifiée; il en procède, et il regarde Wotan précisément avec l'œil qui manque à celui-ci, c'est-à-dire avec la lumineuse sûreté d'une libre nature, d'un cœur libre.»
[492-1] «Ma haine».—Neid pourrait encore («doit» diront certains) se traduire ici par: mon «envie».—Cf. p. 494, note (1).
[492-2] «Deux corbeaux, perchés sur ses épaules, lui racontent à l'oreille ce qu'ils ont vu et entendu. On les nomme Hugen et Munen. Ils partent à la pointe du jour, parcourent la terre et sont de retour pour le déjeuner. Odin sait ainsi tout ce qui se passe; on l'appelle le Dieu aux Corbeaux.» (Edda de Snorro, Gylfaginning.)—Grimm interprète ainsi les noms des deux corbeaux, d'après leur étymologie: Huginn de Hugr (animus, cogitatio); Muninn de munr (mens).
[493-1] «L'homme du guet a de la peine à se faire entendre; il dit: «Celui qui chevauchera à travers la Waberlohe obtiendra la jeune fille.» (Chants des Iles Féroë.)
[493-2] «La flamme s'élançait, la terre tremblait et les langues de feu s'élançaient jusqu'au ciel. Nul parmi les plus braves n'osait s'avancer au milieu des flammes.» (Brot af Brynhildarkvidhu.)