[532-1] Littéralement: «Comment le trouv[er]ons-nous,» ou «comment le découvr[ir]ons-nous?»—«Écoute-moi, ô ma fille chérie, donne-moi un conseil. Comment ferons-nous venir de son royaume cet homme si fort?» c'est-à-dire Sjurd. (Chants des Iles Féroë.)

[533-1] «Ce brave guerrier s'appelait Siegfrid; il visita beaucoup de royaumes, grâce à son indomptable courage. Par la force de son bras il chevaucha en maints pays.» (Nibelunge-nôt, II, 12.) «Nul n'osait l'insulter. Depuis qu'il prit les armes, il ne se reposa guère, cet illustre héros. Il ne se plaisait que dans les combats, et la puissance de son bras le fit connaître dans les royaumes étrangers.» (Id., ibid., 16.)

[533-A] A ces paroles de Hagen, la fanfare de Siegfried est lancée d'abord par l'orchestre, puis par un cor sur le théâtre (Partition, page 57).

Peu après, à l'arrivée de Siegfried, la malédiction d'Alberich éclate, soulignant tout ce que renferme de tragique cette venue du Héros chez les descendants des ennemis de sa race.

[534-1] «Alors le roi du pays dit: «Qu'il nous soit le bienvenu; il est noble et brave, je l'ai bien appris.» (Nibelunge-nôt.) Voir ci-dessous la note (1) de la p. 535.

[534-2] Lorsque, dans le Nibelunge-nôt, Siegfrid arrive à Worms: «Certes, ajouta Hagene, je veux bien le dire: quoique je n'aie point vu Siegfrid, pourtant je suis tout disposé à croire, d'après ce qu'il me paraît, que c'est là le héros qui s'avance si majestueusement.» (III, 22.) D'autre part, lorsque le héros «alla vers les Nibelungen,» il se rendit «sur le sable vers le port, où il trouva sa barque... Puis il partit aussi rapide que le souffle du vent... Le bâtiment voguait vite par la force de Siegfrid, qui était grande. On croyait qu'un fort vent la poussait; mais non, c'était Siegfrid qui la menait, le fils de la belle Sigelint.» (VIII, 77.)

[535-1] «Celui qui sait la vérité voudra bien me répondre: il me dira où je puis trouver Gunther, le très puissant roi des Burgundes.» (Nibelunge-nôt, III, 20.) Alors parla le roi puissant: «...vois comme ils se tiennent prêts au combat à la façon des héros, ces guerriers et lui, l'homme très hardi. Nous devons aller à la rencontre de cette forte épée.»—«Vous pouvez le faire sans déshonneur, dit Hagene; il est de noble race, fils d'un roi puissant...» Alors le roi du pays dit: «Qu'il nous soit le bienvenu; il est noble et brave, je l'ai bien appris. Cela lui sera utile dans le pays des Burgundes.» «Et le roi Gunther alla trouver Siegfrid.» (Id., ib., 24.)

[535-2] «Il» (Siegfrid) «portait en son cœur une vierge digne d'amour qu'il n'avait pas encore vue, et elle aussi le portait en son cœur et secrètement elle lui adressait en elle-même de bien douces paroles...—Kriemhilt» (Gutrune) «le regardait souvent par la fenêtre et alors elle ne désirait pas d'autres divertissements.» (Nibelunge-nôt, III, 28-29.)

[535-3] «Je m'étonnais de cette nouvelle, dit aussitôt le roi, que vous soyez venu, noble Siegfrid, jusque dans ce pays. Qu'êtes-vous venu chercher à Worms sur le Rhin?» L'étranger dit au roi: «Je ne vous le cacherai point. Le récit me fut fait au pays de mon père qu'ici, près de vous, se trouvaient (j'ai voulu m'en assurer) les plus hardis guerriers que jamais roi ait réunis; j'en ai beaucoup entendu parler, et pour cela je suis venu jusqu'ici. Je vous entendis aussi citer pour votre valeur; jamais on ne vit, dit-on, roi plus brave. Les gens en parlent beaucoup dans tous les pays. Maintenant, je ne veux point partir sans mettre votre bravoure à l'épreuve. Je suis, moi aussi, un guerrier, et je porterai la couronne. Je voudrais faire en sorte, qu'on dit de moi que je possède avec droit les gens et le royaume. Pour le mériter j'exposerai mon honneur et ma vie. Maintenant, que vous soyez aussi puissant qu'on me l'a dit, je ne m'en inquiète guère: que cela fasse à quelqu'un peine ou plaisir, je veux vous arracher ce que vous possédez, campagnes et burgs, et me les soumettre.» (Nibelunge-nôt, III, 25.) Surprise de Gunther; fureur des guerriers ainsi provoqués; Gernót, frère du roi, s'interpose. L'avis de Gernót prévalut: «Vous serez les bienvenus, dit le fils de Uote, vous et vos compagnons qui sont arrivés avec vous. Nous vous rendrons service, moi et ma parenté.» .... A ces mots l'humeur du seigneur Siegfrid se radoucit un peu. On fit soigner leurs équipements...» (Id., ibid., 27-28.)

[536-1] «Sigurd, chevauchant seul, arriva au palais de Gripir. Il était facile de reconnaître le héros.» (Grepisspà.)