[537-1] «Alors le chef du pays parla: Tout ce que nous avons est à vos ordres suivant l'honneur: ainsi vous seront soumis et seront partagés avec vous, corps et biens.» (Nibelunge-nôt, III, 28.)

[537-2] «Il parla ainsi au roi: «Je ne vous ai rien refusé. Je vous porterai secours dans toutes vos peines. Cherchez-vous un ami, je serai le vôtre, et vous serai fidèle avec honneur jusqu'à ma mort.» (Nibelunge-nôt, IV, 32.)

[537-3] «Pour lui, dit Hagene, donner est chose facile. Quand il vivrait éternellement, il ne pourrait tout dissiper; sa main tient enfermé le trésor des Nibelungen...» (Nibelungen-nôt, XII, 118.)

[537-4] «Mais vous avez bien entendu parler de la richesse de Siegfrid—le royaume et le Trésor des Nibelungen étaient à sa disposition;—il distribua ce Trésor à profusion à ses guerriers, et pourtant il ne diminuait pas, quelque quantité qu'on en prit.» (Nibelunge-nôt, VIII, 80.) Il n'en est pas moins vrai que le vieux poème allemand, malgré cette différence avec celui de Wagner (toute à l'avantage de Wagner) nous montre, en maint endroit, Siegfrid, comme d'un désintéressement rare: «Des seigneurs puissants dirent souvent depuis lors qu'ils auraient voulu avoir le jeune chef pour maître. Mais Siegfrid ne le désirait pas, le beau jeune homme.» (II, 15.) Autre épisode: «Elle (Kriemhilt) ordonna à son camérier d'aller quérir le don du messager. Elle lui donna (à Siegfrid) vingt-quatre anneaux, ornés de belles pierres, en récompense. Mais l'âme du héros était ainsi faite qu'il n'en voulut rien garder. Il les distribua aux belles femmes qu'il trouva là dans les appartements.» (IX, 87.) Ou Gunther consulte Siegfrid: «Je te dirai ce que m'offrent ces chefs: si je les laisse partir librement, ils me donneront autant d'or qu'en pourront porter cinq cents chevaux.—Le seigneur Siegfrid répondit: Ce serait mal agir. Laisse-les partir d'ici libres...» (V, 53.)

[539-1] «Ayons-le (Siegfrid) pour ami et il nous en reviendra de l'honneur.» (Nibelunge-nôt, III, 27.)

[539-2] «Et on fit verser aux étrangers le vin de Gunther.» (Nibelunge-nôt, III, 28.) «Elle s'avançait en ce moment, la charmante, comme l'aurore du matin sortant de sombres nuages. Alors il vit la vierge marcher en sa beauté... La jeune fille digne d'amour salua Siegfrid avec grâce et vertu... Elle dit, la belle vierge: «Soyez le bienvenu, seigneur Siegfrid, bon et noble chevalier.» Ce salut éleva son âme. Il s'inclina courtoisement et lui offrit ses remerciements.» (Id. V, 49 et 50.)

[539-3] «Il se mit à boire la bonne boisson, et en but dans une longue corne. Sjurd perdit le souvenir et nul ne pouvait le guérir. Et quand il eut bu, il rendit la coupe. Il ne pensait plus à dame Brinhild et il ignorait où il se trouvait.» (Chants des Iles Féroë.)

[539-4] «Lorsqu'elle vit debout devant elle l'homme au grand courage, une flamme colora ses joues.» (Nibelunge-nôt, V, 50.)

[540-1] «Sjurd ne songea qu'à une seule chose, à posséder Gudrun... Et Sjurd, fils de Sigmund, commençait à s'éprendre de la jeune fille.» (Chants des Iles Féroë.) «Le seigneur Siegfrid ressentait à la fois amour et souffrance. Il pensait en lui-même: «Comment cela s'est-il fait qu'il m'ait fallu ainsi l'aimer? C'est une illusion d'enfant. Pourtant, si je dois m'éloigner de toi, il me serait plus doux d'être frappé à mort.» (Nibelunge-nôt, V, 40.)

[540-2] «L'attrait des vœux d'amour les poussait l'un vers l'autre. Ils se regardaient avec de doux regards, le chef et la jeune fille. Cela se faisait à la dérobée.» (Nibelunge-nôt, V, 31.)