Nimfodora se tenait debout près de Mardona, cambrant sa taille fine et détournant un peu la tête, de manière à laisser voir son profil pur. Elle tenait les yeux baissés.

« Tu ne m'attendais pas? demanda Sabadil.

- Mais si. J'ai envoyé chez toi Jehorig.

- Chez moi?

- Certainement.

- J'étais décidé à ne plus revenir ici.

- Tu y es revenu, cependant. »

Mardona s'établit dans son fauteuil.

Nimfodora lui arrangea les nattes de sa chevelure, les lui lissa avec le peigne et s'agenouilla pour lui embrasser les pieds, avec une soumission d'esclave et une sorte d'extase dans le regard.

Lorsque Nimfodora traversa la chambre pour serrer le peigne dans le tiroir de l'armoire à glace, sa démarche surprit beaucoup Sabadil. Elle avançait lentement, mais on ne la voyait pas faire de pas; elle baissait la tète et regardait un peu de côté, comme un animal effrayé.