- Qu'y a-t-il à votre service?
- Crois-tu que je suis venue parce que j'ai besoin d'un service? répondit Mardona affectueusement. Non, mon ami. Mon coeur soupirait après toi, et je suis venue t'embrasser et surveiller un peu ton petit ménage.
- Il n'en vaut guère la peine, dit Sabadil avec un sourire. Un pauvre paysan n'aime guère à étaler le peu qu'il a.
- Tu n es pas pauvre, cependant….
- Un cheval et deux vaches ne signifient pas grand'chose.
- Qui te parle de ton cheval? Ne me possèdes-tu pas, moi?
- Toi?»
Sabadil eut un sourire triste.
« Pourquoi es-tu si sombre? continua-t-elle. Tu t'affliges. Dans ton regard il y a comme un reproche à mon adresse. Je veux te voir joyeux, Sabadil. joyeux comme la première fois que nous nous vîmes… dans la forêt, tu sais, alors que le soleil brillait et que les oiseaux chantaient… et que toi…. »
Elle ne termina pas, et regarda à terre malicieusement.