- Dieu le sait. Moi-même je l'ignore. »

Sabadil resta debout devant elle, la dévorant des yeux. L'étrangère n'avait fait aucun mouvement. Elle tenait ses mains jointes sur ses genoux, comme en prière.

« Tu es bien matinale! continua-t-il.

- Oui, reprit-elle d'un ton ferme. Chez nous, c'est l'usage de terminer tous les travaux du ménage avant le lever du soleil.

- Mais, toi, tu ne travailles pas.

- Je n'ai pas à travailler. »

Les oiseaux se turent subitement. L'orient s'éclaircit, s'alluma. Le soleil parut et inonda de ses rayons les herbes et les feuilles humides.

« Et toi, demanda la mystérieuse fille, comment se fait-il que tu sois ici à cette heure?

- J'ai passé la nuit dehors, répondit-il.

- Pour quoi faire?