- Vous êtes amoureux.

- Moi?…"

Soltyk le regarda fixement.

"Vous pourriez bien avoir raison. Comme je n'ai jamais encore été amoureux, je ne peux pas en juger. Mais c'est bien possible. Je suis agacé, mécontent, inquiet; je me fais l'effet d'un enfant maussade.

- Dieu soit loué! vous êtes amoureux.

- Je commence moi-même à le croire, parce que, sans motif aucun, je me sens une haine ardente contre le jeune officier qui était assis à côté d'elle, et avec qui elle causait d'une si aimable façon.

- Jadewski? Ah! quant à celui-là, vous n'avez pas besoin de vous en inquiéter; il ne tire pas à conséquence.

- Je ne m'en inquiète pas non plus, répondit Soltyk; s'il me gêne, je m'en débarrasse tout bonnement en lui brûlant la cervelle, et son compte est réglé. Mais, elle, la jeune fille, Anitta? si elle l'aime?

- Il n'y a pas encore bien longtemps qu'elle aimait ses poupées; en ce moment, elle aime ses amies. Ce coeur est jusqu'à nouvel ordre une feuille blanche et sans tache. Heureux celui qui y écrira le premier!

- Je veux faire sa connaissance, dit brusquement Soltyk.