La belle femme en pelisse blanche sourit avec fierté.

Il était curieux de voir l'accueil que l'on faisait de tous côtés au visiteur, celui-ci le débarrassant de son chapeau, cet autre de son manteau, un troisième chargeant de tabac sa pipe d'écume de mer; le petit garçon se leva pour lui montrer son sifflet; les animaux de la maison eux-mêmes lui faisaient fête, se disputant ses caresses.

—C'est Dieu qui vous envoie, dit celle qu'il avait appelée Russine en quittant sa place sur le coffre pour s'approcher de lui. À qui ferons-nous maintenant un joli procès?

—Ne deviendrez-vous donc jamais raisonnable, Russine? Dans quel but se créer de pareils embarras?

—J'ai besoin d'agitation autour de moi; la tranquillité me tue.

—Prenez donc un mari.

Russine sourit encore et regarda le jeune homme au bonnet de fourrure.

—Je vous l'ai déjà dit, et aujourd'hui je viens vous renouveler la même proposition. Au lieu de faire à Martschin Wisloka un procès qui vous ruinera tous les deux, tendez-lui la main, devenez sa femme.

Les yeux baissés, elle tiraillait sa chemise brodée:

—Qu'il m'en prie lui-même!