Le jeune homme cacha son visage entre ses mains et se mit à pleurer amèrement.
—Mon fils! dit Pan Mirolawski, calme-toi; jamais ton père ne dressera devant tes pas des obstacles qui puissent te faire souffrir. Va voir le monde, selon tes souhaits; laisse-moi seulement te munir d'argent et d'armes...
—Non, dit vivement Zénon, je prétends ne me fier qu'à mes bras et vivre de ce que je gagnerai seul.
—Tu ne veux rien de moi?
—Si fait, cher père; vous pouvez m'aider. Procurez-moi des habits de paysan et un bâton. C'est tout ce qu'il me faut.
—Attends!
Pan Mirolawski sortit à pas de loup et revint quelques minutes après avec un paquet de vêtements et un gourdin formidable.
Zénon changea rapidement d'habits. Quand il fut debout dans ses hautes bottes noires, ses larges chausses de drap grossier, sa rude chemise serrée à la taille par une ceinture de cuir noir et son sierak gris, le bonnet de peau d'agneau sur la tête, le bâton à la main, Pan Mirolawski ne put s'empêcher de sourire.
—Je voudrais voir les paysannes, dit-il en tordant sa barbe; elles vont toutes courir après toi. Mais attends encore que j'aille voir ce que fait ta mère.
Il revint bientôt rassuré.