Le lendemain encore, Marie-Casimire rendit visite aux faucheurs. Il était midi: le ciel pur étincelait, le soleil dardait ses rayons brûlants sur toute la campagne, où nulle part on ne voyait d'ombre. Zénon courut couper quelques arbustes dans la forêt voisine et en forma, pour la jeune comtesse, un frais berceau de verdure. Elle le remercia en rougissant et s'assit sur une gerbe.

—Est-ce qu'un si dur travail, demanda-t-elle après un silence, ne te coûte pas un peu parfois?

—Non, je me trouve bien de travailler.

—Tu es donc heureux?

—Je le suis maintenant, reprit-il avec un regard qui la rendit toute confuse.

—Et vous, reprit-il, n'êtes-vous pas heureuse?

—Oh! répondit Marie-Casimire, on ne se soucie que trop de mon bonheur! Ma mère pousse le zèle jusqu'à m'avoir déjà assuré un mari.

Zénon tressaillit douloureusement.

—J'espère, mademoiselle, que vous n'épouserez jamais un homme sans l'aimer.

—Assurément non, répliqua Marie en fixant sur lui ses yeux limpides.