—Je le suis dès à présent, dit-il, et je t'implore avec les paroles du poëte: «Ne lâche jamais la chaîne qui me retient captif,—ce serait, hélas! le pire des châtiments,—car pour moi tu es dieu, et l'univers, et la liberté.—Mets plutôt ton pied sur le cou de ton esclave...» Ma maîtresse! ma chère maîtresse! ajouta Zénon en courbant la tête jusqu'à terre.

—Mais la sultane n'avait pas comme moi de grosses bottes, dit Marie en riant et rougissant à la fois.

Cependant elle posa le bout de son petit pied sur la nuque du jeune homme en disant:

—Es-tu satisfait?

—Je suis heureux, répondit Zénon.

—Eh bien! il est doux d'entendre cela de la bouche d'un vaillant de ta sorte; reste à genoux pour que je te dise...

—Quoi donc, ma maîtresse adorée?

Cette fois, elle passa ses deux bras autour de son cou et reprit gravement:

—Mon coeur est ouvert devant toi comme devant Dieu. Tu peux y lire que je t'aime.

Leurs lèvres se touchèrent rapidement, et elle s'enfuit.