—Mais vous êtes un homme d'esprit et je n'ai confiance qu'en vous.

—Consultez plutôt M. de Lindenthal.

Elle se leva d'un air de reine outragée, mais le soir même, il la trouva sur son chemin; elle lui saisit les mains avec des sanglots étouffés:

—Pardonnez-moi, le dépit m'a emportée trop loin, oubliez les paroles indignes qui m'ont échappé, j'en suis trop punie, ayez pitié de moi! Faut-il tomber à genoux ici, dans la rue?

—Je ne vous en veux pas..., balbutia Maryan, dont le ressentiment devait céder à cet humble repentir.

—Prouvez-le en m'accompagnant tout de suite jusque chez moi.

Il voulut, résister, mais la victoire fut pour la baronne. Dans cette calèche close qui roulait au milieu du silence et des ténèbres, il était son prisonnier; Warwara se jura de ne plus jamais lui rendre sa liberté.

A Separowze ils furent reçus par M. de Lindenthal qui, ne comptant pas sur la présence d'un tiers, vint au-devant de la voiture en bottes rouges et en robe de chambre turque. Maryan changea de couleur et voulut prendre congé.

Warwara ne comprit pas d'abord:

—Quelle mouche vous pique? demanda-t-elle.