A 7 heures, on rappelle aux postes d’appareillage ; à 9 h. 30, le Norge est prêt à prendre l’air.
Si le départ avait eu lieu la nuit dernière, j’aurais probablement embarqué. En effet, lorsque la température est basse, les gaz subissant une moindre dilatation, le ballon doit en contenir une plus grande quantité ; par suite sa force ascensionnelle augmente et il peut enlever un poids plus considérable. Maintenant, au contraire, que la température s’est élevée, les gaz se sont dilatés ; pour éviter une augmentation dangereuse de leur tension, on a dû « soupaper » ; d’où perte de force ascensionnelle et nécessité de réduire l’équipage au strict minimum. Donc je ne garde plus le moindre espoir.
Lorsque j’arrive au hangar, on sort le Norge. Pendant qu’il repose sur le sol, je cherche Nobile pour lui faire mes adieux, mais il s’esquive :
— Attendez, peut-être pourrez-vous venir ?
Je cours chercher mon sac déposé dans le hall ; lorsque je reviens en hâte, le ballon s’élève ; bientôt il a disparu…
CHAPITRE VIII
L’appareillage au Spitsberg.
Mise au point du ballon. — Équipement de l’expédition. — Le vestiaire de l’équipage. — Départ de l’aviateur américain Byrd pour le Pôle. — Son retour triomphant. — Les derniers préparatifs.
Par Roald Amundsen et Lincoln Ellsworth.
Voici donc notre ballon arrivé au seuil de l’Arctique, après avoir accompli magnifiquement, depuis Rome, un parcours de 7.600 kilomètres, soit à peu près la distance entre l’Équateur et les terres du continent européen les plus avancées vers le Nord.
Dès que le Norge est entré dans son hangar, nous demandons à Nobile quand il sera prêt à appareiller.