DEUXIÈME PARTIE

Ce qu’il est advenu du N-24.

PAR
Leif DIETRICHSON
Lieutenant de vaisseau de la marine norvégienne.

CHAPITRE PREMIER
Du Spitzberg aux approches du pôle.

Le départ de la baie du Roi. — Une grosse émotion. — La banquise polaire. — Réflexions décourageantes qu’elle inspire. — Une rencontre inespérée. — La descente.

A l’aide des notes brèves prises en cours de route, j’espère réussir à présenter un exposé des événements que je suis chargé de raconter. Dans ce récit, mon principal souci sera l’exactitude et nullement les effets littéraires.

Mon carnet renferme, à la date du 21 mai, le passage suivant : « Brise d’est, ciel clair, circonstances très favorables pour l’envol. J’espère que le grand jour est enfin arrivé. Nous tenterons le départ avec un chargement de 3.100 kilogrammes, mais nous nous attendons à être obligés de le réduire. » Ces notes ont été écrites le matin du 21 ; dans la journée mon espoir devait se réaliser.

Les météorologistes prédisant le beau temps dans le bassin polaire, les appareils sont immédiatement mis en état de prendre l’air. Après le dîner, accompagnés de leurs amis et des habitants de la baie du Roi, les membres de l’expédition se rendent sur le terrain de départ. L’arrimage est achevé, les instruments de route accrochés à leurs places et les moteurs mis en mouvement. Pendant la demi-heure qui s’écoule avant qu’ils ne soient chauds, tout le monde vient nous souhaiter bon voyage ; les vœux que nous adressent les mineurs et l’équipage du Farm nous touchent particulièrement.

… Les deux appareils sont parés. Omdal m’informe que les moteurs fonctionnent bien et Ellsworth que ses instruments d’observation sont en ordre.

L’avant du N-25 est tourné vers la baie où il prendra son envol.