Les explorateurs charriant des blocs de neige pour combler les crevasses du champ de glace aménagé en champ d’aviation.
(Cliché Illustration)
Si leur appareil se trouve en bon état, bientôt ils prendront leur vol et nous rejoindront, pensons-nous ; dans la nappe d’eau voisine de notre camp, ils pourront facilement amerir. Si, au contraire, leur avion est gravement avarié, ils nous rallieront prochainement, en franchissant à pied la banquise. Nous ne mettons point en doute qu’ils n’aient aperçu notre pavillon, par suite qu’ils ne connaissent l’emplacement de notre camp. S’ils ne sont pas encore arrivés, c’est que, comme nous, ils réparent leur appareil, concluons-nous.
Toute la nuit du 22 au 23, bourrasque de neige et temps bouché.
Omdal continue à travailler à son moteur ; Ellsworth et moi pompons la coque. La voie d’eau augmente ; probablement les fentes du métal ont été agrandies par la glace formée dans leurs interstices.
Brise de Nord ; 10° sous zéro !
Vers midi, le plafond de nuages se lève, le soleil paraît et un beau ciel lumineux s’arrondit au-dessus de la banquise.
Dans la journée, deux bonnes observations de latitude ; leur résultat est tant soit peu décevant. Mon estime nous plaçait beaucoup plus au nord que nous ne le sommes en réalité. Evidemment, notre vol a été contrarié par un violent vent contraire.
Qu’importe ? Aussitôt le moteur réparé, nous reprendrons l’air et arriverons au Pôle. A cette date, je suis encore persuadé que nous pourrons repartir.
Aperçu le N-25 ; sous la poussée du courant qui déplace constamment la glace, il s’est notablement rapproché de nous. Nos amis ont recouvert de bâches le groupe-moteur de leur appareil et planté à côté leur pavillon. Ils doivent nous voir comme nous les voyons. Nous lançons des bombes fumigènes, tirons des coups de feu ; nos signaux demeurent inutiles ; ils ne voient ni n’entendent rien.